Mercredi 4 novembre 2026 En continu
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Société

Procès Esekia : la défense insiste sur le contexte de précarité et l’absence d’intention homicide

Le troisième jour du procès aux assises du Hainaut, à Mons, a été marqué par les plaidoiries de la défense dans l’affaire Esekia, décédé à l’âge de 8 ans. Après une présentation accablante de la partie civile et une demande d’accusation d’assassinat de la part de l’avocat général, les avocats de Gilles Viaene et Marjorie Brizard ont cherché à nuancer les charges.

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Illustration Fil Clair.

Me Régis Brocca, conseil de Gilles Viaene, a débuté sa plaidoirie en soulignant qu’il ne s’agissait pas de juger les accusés en tant que parents, mais en tant qu’accusés. Il a exhorté les jurés à ne pas chercher à « venger Esekia » et a reconnu que « ce qui est arrivé à Esekia n’est pas juste » et que Gilles Viaene est responsable de ce qui est arrivé à son enfant. Il a insisté sur le fait que la misère sociale a joué un rôle déterminant dans les événements, citant des difficultés pour obtenir des rendez-vous médicaux et l’impossibilité de se procurer certains médicaments.

Concernant les revenus du couple, estimés à 4200 euros, Me Brocca a relativisé, soulignant que ce montant se situe en dessous du seuil de pauvreté pour une famille de huit personnes. Il a également évoqué les tentatives de Gilles Viaene pour obtenir des médicaments, même en recourant à l’homéopathie, et a admis que les parents « donnaient des chips à leurs enfants au petit-déjeuner », tout en affirmant qu’il n’a pas été prouvé qu’Esekia avait été privé de nourriture.

Ricardo Bruno, également avocat de Gilles Viaene, a mis en avant la bonne foi de son client, qui a reconnu sa responsabilité dans le décès de son fils. Il a listé les démarches entreprises par les parents et les refus médicaux rencontrés. Il a rejeté l’accusation de meurtre et de préméditation, arguant que Gilles Viaene « vit au jour le jour ».

Me Berger, l’avocat de Marjorie Brizard, a décrit la mère comme ayant « aimé son fils de tout son être », malgré les difficultés. Il a souligné son courage et son énergie pour s’occuper de six enfants et a affirmé qu’elle n’avait pas voulu la mort de son fils, se demandant « pourquoi avoir continué à lui donner à manger » si c’était le cas. Il a conclu en qualifiant le décès d’Esekia de « drame social et humain », soulignant un « échec du système social et médical ».

Les avocats de Gilles Viaene réclament une condamnation pour privation d’aliments et de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner, une qualification qui prévoit des peines de 5 à 10 ans de prison.