Retraité de la police nationale : un nouveau rôle de médiateur à Foix
« Flic pendant 35 ans, ça laisse des traces. On n’en guérit jamais, et en même temps, je ne sais pas si on a envie d’en guérir ! »
Raymond Miquel, 64 ans, retraité de la police nationale, a trouvé une nouvelle vocation après une longue carrière marquée par des distinctions, dont celle d’être le premier gardien de la paix officier de police judiciaire du département et l’un des premiers récipiendaires de la médaille pour acte de courage et de dévouement. Bien qu’ayant pris sa retraite en 2018 au grade de major après avoir bouclé sa carrière en Ariège, il conserve sa carte de réserviste et a récemment accepté un nouveau rôle.
En 2023, il a repris le flambeau de l’ancien délégué à la cohésion police-population (DCPP) du commissariat de Foix. « Je ne savais même pas ce que c’était ! », confie-t-il, soulignant que ce poste n’est « ni un assistant social ni un psychologue. C’est un policier dans le dialogue », selon Isabelle Souty, directrice départementale adjointe de la police nationale en Ariège.
Sa mission consiste à établir un lien entre les commerçants, les habitants de Foix et les forces de l’ordre, recueillir des informations et faciliter le dialogue. Il intervient dans des situations variées, telles que des conflits de voisinage ou des tensions, mais passe le relais dès que l’affaire prend une dimension pénale.
Deux demi-journées par semaine, il agit comme un médiateur, s’efforçant de résoudre les problèmes à l’amiable. Chaque matin commence par une tasse de café, suivie d’un examen minutieux des déclarations des usagers pour déterminer les interventions nécessaires.
Raymond Miquel insiste sur l’importance de l’écoute et cherche à recentrer les situations conflictuelles. Il a notamment géré une affaire de harcèlement envers une jeune fille, en avertissant l’agresseur des conséquences pénales d’une poursuite.
Ses tournées dans la ville incluent la distribution de tracts de sécurité aux commerçants, notamment dans le contexte des manifestations des Gilets jaunes. Il prend note des préoccupations des commerçants, comme le manque d’information sur les manifestations, et les transmet à sa hiérarchie. Il vérifie également l’état de l’abbatiale Saint-Volusien, une autre façon de veiller sur sa ville.
Les délégués à la cohésion, comme Raymond Miquel, sont d’anciens policiers retraités qui agissent comme un « tampon entre la justice et la police », selon Isabelle Santy. Cette mission, opérationnelle dans le département depuis 2018, vise à rétablir la sérénité au quotidien et à offrir une alternative avant que les affaires ne soient traitées par la justice.