Euronaval : Les dirigeants politiques s’expriment sur la stratégie navale française
Le salon Euronaval, événement majeur de l’industrie navale de défense, s’est tenu du 3 au 6 novembre à Paris Nord Villepinte. Cette année, les discussions ont porté sur la souveraineté maritime, devenue un enjeu stratégique et économique crucial, face aux tensions géopolitiques actuelles.
Édouard Philippe (Horizons), Bruno Retailleau (Les Républicains) et Marine Le Pen (Rassemblement national) ont visité les stands des entreprises du secteur, soulignant l’importance de la puissance navale pour la sécurité nationale. Bruno Retailleau a même relancé l’idée d’une primaire de droite et du centre, visant une désignation unique pour la première quinzaine de février.
« Depuis toujours, la suprématie maritime et la puissance navale ont été des conditions indispensables de la sécurité et de la puissance, » a déclaré Édouard Philippe, insistant sur l’impact des décisions étrangères sur le pouvoir d’achat des Français. Il a plaidé pour maintenir l’objectif gouvernemental de disposer de 18 frégates d’ici 2025, estimant qu’il vaut mieux être « un peu plus fort qu’un peu plus faible ».
Bruno Retailleau a quant à lui évoqué la nécessité d’atteindre 18 ou 21 frégates, soulignant que la France est une puissance maritime et continentale. Il a également mis en avant la nécessité de consolider le successeur du porte-avions Charles-de-Gaulle et la troisième génération de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), avec un objectif de 100 milliards d’euros pour la défense, soit environ 3 % du PIB.
Marine Le Pen a insisté sur l’étendue des missions de la marine, incluant la protection du domaine maritime, la lutte contre l’immigration clandestine et la surveillance des câbles sous-marins. Elle a estimé qu’une centaine de bâtiments n’était pas suffisante, tout en reconnaissant les contraintes budgétaires et appelant à l’application de la loi de programmation militaire.
Un point commun a réuni les trois responsables : l’importance des drones dans la guerre navale. « Le drone, c’est le meilleur ami du marin, » a affirmé Marine Le Pen, soulignant la nécessité pour la France de ne pas perdre sa place dans l’innovation. Bruno Retailleau a reconnu un retard dans ce domaine, mais a constaté des progrès. La stratégie française de maîtrise des fonds marins vise des capacités d’action jusqu’à 6 000 mètres de profondeur.
Les industriels ont également exprimé leurs préoccupations, notamment concernant le financement des jeunes entreprises et la simplification des procédures administratives. Édouard Philippe a plaidé pour un accompagnement au-delà du budget, tandis que Marine Le Pen a suggéré de confier aux préfets l’accélération des projets d’intérêt national majeur.
Enfin, la question européenne a divisé les participants. Édouard Philippe a défendu les alliances, tandis que Marine Le Pen s’est montrée plus réservée sur le couple franco-allemand.