Des républicains discrets sur l’influence de Trump, selon l’ancien délégué du Québec à Washington
Selon Benjamin Bélair, l’ancien délégué du Québec à Washington, les républicains américains semblent désormais moins craintifs face au président, une évolution qu’il observe depuis plusieurs semaines. Il a partagé ses observations mercredi dans l’émission Tout un matin sur ICI PREMIÈRE.
Durant les élections de mi-mandat, les élus semblaient tenir une ligne commune pour optimiser les résultats, mais M. Bélair a constaté un désaccord croissant parmi les républicains concernant les politiques du président, notamment en matière de commerce.
Il affirme avoir rencontré plus d’une centaine d’élus républicains en privé, et lors de ces rencontres, ils s’excusaient fréquemment pour la rhétorique associée au mouvement du « 51e État ». Ces élus exprimaient souvent leur désaccord avec les politiques tarifaires de Donald Trump, qu’ils lui ont fait part directement.
Cependant, en public, ces mêmes élus maintenaient une façade de loyauté. M. Bélair explique que la capacité de Trump à imposer ses candidats lors des primaires a longtemps maintenu une discipline au sein du parti.
Il prédit que cette situation est en train de changer, permettant aux républicains de retrouver une plus grande liberté d’expression et de reconfigurer le parti avant la prochaine élection présidentielle.
Benjamin Bélair a quitté son poste vendredi dernier et a annoncé son adhésion au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) mardi. Il insiste sur le fait que ce changement de carrière n’est pas lié à l’arrivée du Parti québécois au pouvoir.
Parmi ses réalisations, il souligne l’organisation d’une rencontre entre Christine Fréchette et le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, le 27 avril dernier, une première historique pour le Québec.
Il considère que son rôle à Washington est devenu stratégique pour les représentations du Québec à l’étranger, à l’image de la délégation générale à Paris. Son mandat lui a permis de représenter le premier ministre ou la première ministre du Québec, un atout essentiel pour être pris au sérieux à Washington. Le ministère des Relations internationales a confirmé son départ et a désigné Sophie Girard-Cartier comme personne assurant l’intérim.