Exploitation des hydrocarbures en France : une question relancée par Marine Le Pen
Lors de son premier meeting de campagne, Marine Le Pen a réaffirmé son intention d’abolir la loi Hulot, interdisant la recherche d’hydrocarbures sur le sol français. Elle justifie cette démarche par la volonté de rompre avec une logique de décroissance qu’elle juge préjudiciable à l’économie nationale.
L’Union française de l’industrie pétrolière (Ufip) défend, elle, le maintien de la production locale, insistant sur la nécessité de « pouvoir continuer à entretenir nos gisements actuels ». Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Ufip, a précisé que les réserves prouvées et exploitables d’ici 2036 s’élèvent à 5 millions de tonnes, soit l’équivalent de 10 ans de consommation.
La loi Hulot, adoptée en 2017, a mis fin aux activités de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures en France, avec un arrêt progressif de la production prévu pour 2040. Actuellement, la production française ne couvre qu'1 % des besoins nationaux, le reste étant importé.
Les 64 gisements pétroliers et gaziers encore actifs, situés principalement dans le Bassin aquitain et le Bassin parisien, représentent un potentiel incertain. Selon Matthieu Auzanneau, expert de la transition énergétique, le « shale oil dans le Bassin parisien » pourrait représenter une fraction de la consommation française, mais son exploitation nécessiterait plusieurs années de recherche.
En 2011, une découverte d’hydrocarbures en eaux profondes au large de la Guyane avait suscité l’espoir, mais les forages réalisés par Shell et TotalEnergies n’ont pas permis de confirmer un gisement commercialement viable. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a estimé que l’investissement de près de 400 millions d’euros avait été un échec.
Des tentatives antérieures pour relancer l’exploration, notamment en 2025 avec une proposition de loi soutenue par la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, ont été rejetées par l’Assemblée nationale, face à l’opposition de groupes environnementaux.
L’exploitation de ces ressources serait incompatible avec les engagements climatiques de la France, selon Matthieu Auzanneau. L’Ufip, quant à elle, souligne que la production locale permettrait de maintenir une activité économique et de financer la transition énergétique. La France se trouve donc face à un dilemme entre l’attrait d’un potentiel sous-sol et l’impératif de réduire sa dépendance aux hydrocarbures.