Fin de programmes d’aide énergétique : des associations dénoncent un tournant préoccupant
Plusieurs associations, aux côtés de la Fondation pour le logement, s’inquiètent de la cessation prochaine de dispositifs cruciaux destinés à accompagner les foyers confrontés à la précarité énergétique, alors que les factures d’énergie continuent de grimper.
Ces programmes, incluant Toits d’abord, Territoires zéro exclusion énergétique (TZEE) et Slime, sont portés respectivement par la Fondation pour le logement des défavorisés, Stop exclusion énergétique et Cler Solutions. Bail Rénov', un service d’aide aux propriétaires souhaitant rénover énergétiquement leurs biens, est également menacé.
L’arrêt de ces six programmes, financés en partie par des certificats d’économie d’énergie (CEE) provenant des fournisseurs d’énergie, a été révélé mercredi 28 octobre par Politico. Les programmes Actee et Tims, qui soutenaient les collectivités locales dans la rénovation thermique des écoles et la mobilité, sont également concernés et connaîtront la même issue.
Selon le ministère de l’Énergie, cette décision s’inscrit dans une stratégie de recentrage des CEE sur l’électrification. « Il ne s’agit en aucun cas d’une logique de coupes budgétaires ou de recherche d’économies mais bien d’un choix de priorisation des moyens disponibles vers les dispositifs les plus efficaces », a affirmé le ministère à l’AFP.
Damien Barbosa, coordinateur du Collectif Rénovons, critique cette orientation, soulignant : « C’est dans la lignée du plan d’électrification depuis le départ : tout pour l’électrification, mais on ne fait pas véritablement attention au reste, notamment la rénovation des logements. » Marc Jedliczka, de Cler solutions, qualifie la décision de « scandaleuse » et estime qu’elle abandonne les ménages modestes et les collectivités locales.
Territoires zéro exclusion énergétique (TZEE) vise à accompagner les familles les plus vulnérables, qui, sans ce soutien, seraient incapables de mener à bien des projets de rénovation et de bénéficier des aides disponibles. Toits d’abord se concentre sur la rénovation des logements sociaux, tandis que Slime identifie et accompagne les foyers en situation de précarité énergétique qui ne sollicitent pas les aides existantes. « L’État n’a aucune politique qui remplacerait », insiste Marc Jedliczka.
Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement, considère cette décision comme « très mauvaise » et dénonce l’arrêt de mesures ciblant les populations les plus précaires. Bernard Saincy et Christophe Robert la jugent d’autant plus « incompréhensible » compte tenu de la hausse des prix de l’énergie et du rôle de ces programmes dans l’électrification du pays, une priorité gouvernementale, ainsi que dans la lutte contre la surchauffe des logements en été.
L’ancienne ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a exprimé sa « stupéfaction ». « On ne peut pas prétendre accélérer la transition énergétique tout en supprimant les moyens qui permettent aux plus modestes d’y prendre part », a-t-elle écrit sur Linkedin. Des parlementaires ont également pris la parole pour critiquer cette mesure, comme la sénatrice UDI Amel Gacquerre, qui la décrit comme « une décision incompréhensible qui pénalise les plus fragiles et fragilise nos entreprises ».