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Politique

Accompagnateurs d’élèves handicapés : une réforme statutaire source de débat financier

La question du statut des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) est désormais au cœur des discussions budgétaires parlementaires. Le 29 octobre 2026, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à officialiser leur statut en créant un corps de fonctionnaires de catégorie B, avec un vote de 166 voix pour, 16 contre et 123 abstentions.

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Illustration Fil Clair.

Cette initiative, portée dans le cadre d’une journée d’initiative parlementaire par La France insoumise, sera désormais examinée par le Sénat.

Cette réforme ambitionne de modifier les conditions d’emploi des quelque 140 000 AESH en poste. Cependant, le financement de cette transformation constitue un point de désaccord majeur entre les différentes forces politiques, certains députés ayant évoqué une estimation ministérielle annuelle d’environ 4 milliards d’euros.

Ce chiffre de 4 milliards d’euros a été mentionné lors des débats parlementaires. Selon des rapports publiés par l’Assemblée nationale, le ministère de l’Éducation nationale a avancé cette estimation, incluant une part significative liée aux futures pensions. Il est important de noter que ce chiffre ne représente ni une dépense déjà approuvée, ni un calcul indépendant et détaillé rendu public.

La proposition de loi impacte plusieurs aspects financiers : la création d’un corps statutaire, l’intégration des personnels actuels, la progression de carrière, la formation et l’organisation du temps de travail. Le texte souligne notamment la reconnaissance du travail de préparation et de concertation effectué en dehors des heures passées avec les élèves. Les détails précis et leur impact financier dépendront de la suite du processus législatif et des textes d’application.

Il serait trompeur de comparer directement ces 4 milliards d’euros au budget actuel de l’école inclusive, sans tenir compte du périmètre et des hypothèses de calcul. Le rapport parlementaire rappelle que les crédits consacrés à l’inclusion scolaire dans la loi de finances initiale pour 2026 s’élevaient à 4,7 milliards d’euros, dont une partie finance déjà les rémunérations des AESH.

En 2026, environ 140 000 AESH représentaient 88 400 équivalents temps plein, dont près de 98 % travaillaient à temps partiel en 2024. Le revenu mensuel net moyen est estimé à 1 030 euros, ce qui explique la demande de reconnaissance statutaire et salariale.

Le même rapport révèle que près de 39 000 élèves n’avaient pas de solution d’accompagnement humain à la rentrée 2026. Les partisans de la réforme estiment que des carrières plus stables et mieux rémunérées pourraient améliorer le recrutement et la fidélisation des professionnels. Les opposants, quant à eux, remettent en question le financement proposé et craignent que la transformation du statut ne suffise pas à augmenter les heures d’accompagnement réellement disponibles.

Le Sénat devra désormais trouver un équilibre entre la question du statut, des rémunérations et du financement.