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Sciences

La Chine accélère son programme lunaire : un alunissage habité envisagé avant 2030

La Chine a dévoilé un calendrier précis pour son programme lunaire, avec l’objectif d’envoyer des astronautes, appelés taïkonautes, sur la Lune avant 2030. Wang Xiang, architecte en chef du programme lunaire chinois, a annoncé lors du 7e Symposium des vols spatiaux habités en novembre 2026, que deux taïkonautes devraient passer trois jours sur la surface lunaire.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Cette transparence, inédite, marque un tournant dans la communication chinoise et intensifie la rivalité sino-américaine sur le plan économique et technologique.

Le programme s’articule autour d’une séquence de quatre ans, nécessitant des investissements massifs et des partenariats public-privé. L’ampleur de ces investissements reflète une volonté politique forte, comparable aux programmes Apollo américains des années 1960.

Début 2027, la fusée Long March 10A propulsera le vaisseau Mengzhou en orbite terrestre basse pour une mission cargo vers la station Tiangong, afin de valider les systèmes de vie et la fiabilité structurelle. En 2028, la Long March 10 testera le module lunaire Lanyue, une structure de 26 tonnes capable de descendre et redécoller de la surface lunaire. Une maquette de Lanyue a déjà été testée en août 2025, démontrant la maturité technologique du projet.

L’année 2029 sera consacrée à un test crucial : deux fusées Long March 10 lanceront séparément Lanyue et Mengzhou, qui devront se rejoindre en orbite lunaire sans intervention humaine. Cette répétition générale automatisée mobilisera des centaines d’ingénieurs et des systèmes de navigation de haute précision. Les coûts de cette mission dépasseraient ceux de dix années de missions robotiques chinoises combinées.

La mission finale verra trois taïkonautes entreprendre un voyage de plusieurs jours. Deux d’entre eux descendront sur la Lune pour effectuer des activités extravéhiculaires pendant trois jours terrestres, tandis que le troisième restera en orbite à bord de Mengzhou. Le retour sur Terre se fera par rendez-vous orbital puis rentrée atmosphérique. Ce scénario s’inspire du programme Apollo, mais intègre des technologies du XXIe siècle et une logique économique axée sur la réutilisabilité pour des missions futures, notamment vers une station lunaire permanente prévue dans les années 2030.

Le programme repose sur deux lanceurs lourds, Long March 10 et 10A, développés spécifiquement pour l’exploration lunaire. Ces lanceurs incarnent des décennies de recherche en propulsion et matériaux composites.

Contrairement à l’approche modulaire d’Artemis, la Chine privilégie un rendez-vous direct en orbite lunaire. Deux lanceurs distincts emportent le vaisseau habité et le module lunaire, qui s’arriment autour de la Lune avant la descente. Les capacités de charge chinoises, avec 26 tonnes pour Lanyue, rivalisent avec celles des lanceurs américains Falcon Heavy ou SLS. L’investissement total du programme lunaire chinois est estimé entre 50 et 80 milliards de dollars sur quinze ans.

Face à cette avancée, Jared Isaacman, administrateur de la NASA, a affirmé que l’agence s’engageait à accélérer son propre programme, avec un alunissage prévu en 2028. Les tensions politiques américaines compliquent toutefois les financements, contrairement à la Chine qui bénéficie d’une continuité budgétaire.

Le programme lunaire chinois stimule des secteurs tels que la robotique, la propulsion cryogénique et l’extraction de ressources lunaires, créant des écosystèmes industriels régionaux. L’objectif à long terme est d’établir une base permanente au pôle Sud lunaire, riche en glace d’eau.