David Lisnard : De la viralité en ligne à la conquête du terrain pour la présidentielle
Après une campagne initiale axée sur les réseaux sociaux, le candidat centriste David Lisnard structure désormais son organisation pour intensifier sa présence physique et se rapprocher des électeurs.
Son parti, Nouvelle Énergie (NE), affiche une croissance impressionnante de ses adhésions, dépassant désormais les 110.000 membres, un chiffre qui le place derrière le Rassemblement National et devant les Républicains (LR), qui en comptaient environ 75.000 au printemps dernier. Les adhésions à La France Insoumise (LFI) ne sont pas payantes.
David Lisnard, visiblement surpris par cet engouement, avait initialement visé 60.000 membres avant de revoir son objectif à 100.000 pour Noël, un seuil qu’il a dépassé deux mois plus tôt. Son entourage insiste sur le caractère payant de ces adhésions, avec un minimum de 20 euros requis, suscitant quelques interrogations au sein des Républicains, qui évoquent un possible « storytelling » pour expliquer cette croissance rapide.
Les sondages révèlent une dynamique favorable pour le maire de Cannes. Selon une enquête récente de l’Ifop pour LCI, il devance désormais Bruno Retailleau, candidat des Républicains, dans diverses configurations. Cette percée intervient après son départ des Républicains au printemps, suite à leur refus d’organiser une primaire.
Pour renforcer sa présence sur le terrain, David Lisnard s’appuie sur un réseau de 200 « relais » répartis sur l’ensemble du territoire, y compris les Outre-Mer et auprès des Français de l’étranger. Cette stratégie s’inspire de celle qu’il a mise en œuvre en 2014 pour remporter la mairie de Cannes face à Philippe Tabarot.
Une quinzaine de députés LR, dont Élisabeth de Maistre, Ian Boucard et Julien Dive, se sont réunis mardi à Paris pour échanger avec le candidat, témoignant de la curiosité suscitée par sa campagne. Un parlementaire souligne qu’il s’agit d’un « travail de réseautage » qu’il n’avait pas entrepris jusqu’à présent.
David Lisnard, âgé de 57 ans, ambitionne de capitaliser sur son image de nouveauté et de radicalité, en promouvant des idées économiques libérales. Il a participé à des réunions publiques, comme à Benfeld (Bas-Rhin) en septembre, où plus de 1.000 personnes étaient présentes, un succès comparable aux rassemblements moins importants lors du duel entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez pour la présidence du parti l’année dernière. Un grand meeting est prévu le 13 décembre à Lyon, dans une salle d’une capacité de 3.000 personnes.
Parallèlement, son parti organise de nombreux événements locaux, tels que des « after-work », des « apéritifs » et des « bureaux politiques », à Bruxelles, Saint-Julien-du-Saut, Neuilly-sur-Seine et Paris. Une réunion publique à Saint-Pourçain (Allier) a rassemblé près de 300 personnes la semaine dernière.