Jordan Bardella imagine déjà ses premiers cent jours à Matignon
Malgré un échec récent dans la course à l’Élysée et des accusations d’antisémitisme, Jordan Bardella affiche son ambition de gouverner. Le président du Rassemblement National a publié mercredi un livre dans lequel il esquisse ses premiers « cent jours » à Matignon, sans pour autant détailler ses priorités ou sa méthode.
Bardella a affirmé mardi soir sur TF1 : « Je me prépare à devenir chef du gouvernement », et a expliqué que ce livre visait à « emmener les Français avec moi sur ce chemin » pour leur présenter les valeurs et les orientations du Rassemblement National. Il s’agit du troisième ouvrage qu’il publie en deux ans, toujours sous le label Fayard, une maison d’édition appartenant à Vincent Bolloré.
Bardella, qui se décrit comme le « fils du peuple », confesse un certain « vertige » du pouvoir à l’âge de 31 ans, tout en vantant la rapidité de son apprentissage politique. Il a déjà été préparé à remplacer Marine Le Pen, avant que des obstacles juridiques ne l’empêchent de le faire.
« J’ai peut-être accusé le coup », admet-il, mais « je n’ai rien perdu de ma détermination ». Il prévoit de se rendre dans différentes régions de France pour se préparer à son éventuel rôle de Premier ministre.
Une tournée de promotion débutera dès jeudi à Hénin-Beaumont, fief de Marine Le Pen, suivie de rendez-vous dans le Var et l’Hérault ce week-end. Cette tournée lui permettra de jauger sa popularité auprès des électeurs, malgré les accusations de Mediapart concernant des écrits antisémites juvéniles, qu’il nie être l’auteur.
Le livre ne dévoile pas de nouvelles mesures concrètes, se contentant de reprendre les arguments et les propositions déjà présentés par Marine Le Pen. Il n’y a pas de calendrier précis pour les actions prioritaires à mettre en œuvre après une victoire hypothétique.
Cependant, Bardella évoque la perspective d’un « nouveau pacte de confiance et de stabilité » avec les entreprises, qui serait mis en place grâce à un projet d’ordonnances visant à simplifier l’économie. Il révèle également des détails sur la réforme des retraites, notamment la nécessité de travailler plus pour valider un trimestre cotisé, et sur le projet de conditionner le passage du CP au CE1 à la maîtrise de la lecture.
Bardella développe également sa vision du rôle géopolitique de la France. Il préfère critiquer ses adversaires politiques, tels que Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe et Gabriel Attal, tout en affichant une certaine courtoisie envers Éric Zemmour et Sarah Knafo. Bruno Retailleau est mentionné pour une proposition controversée concernant la castration chimique des criminels sexuels.