David Lisnard : Une candidature surprise qui bouscule les équilibres de la droite
Des messages ironiques, relayés notamment sur X avec le hashtag « Il se passe quelque chose », ont récemment fait surface, soulignant l’ascension inattendue de David Lisnard sur la scène politique française.
Ce phénomène, amplifié par les réseaux sociaux où les partisans du maire de Cannes ont largement adopté ces mots-clés, a permis à David Lisnard d’acquérir près de 55 000 abonnés sur Instagram au cours des sept derniers jours. Son parti, Nouvelle Energie, affirme même enregistrer jusqu’à 3 000 nouveaux adhérents par jour, portant le total à environ 100 000.
Un collaborateur de M. Lisnard compare cette progression à la percée de François Bayrou en 2007, qui avait capté 18 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle. Jusqu’à récemment absent des sondages, David Lisnard enregistre désormais entre 7 et 8 % des intentions de vote, dépassant parfois Bruno Retailleau, le président et candidat officiel de LR.
David Lisnard avait quitté le parti Les Républicains pour tenter une candidature indépendante, plaçant la question d’une primaire ouverte au cœur de son projet, une approche qu’il est le seul à soutenir ouvertement, contrairement à Gabriel Attal.
Malgré les tensions apparentes, le camp de Bruno Retailleau minimise la situation, affirmant que David Lisnard « a vocation à nous rejoindre ». Toutefois, l’ascension du challenger crée des tensions, un élu pro-Retailleau reconnaissant qu’il représente « une épine dans le pied » pour le patron de LR. D’autres relativisent, soulignant que l’enthousiasme des adhérents et des élus locaux ne se traduit pas forcément par un soutien massif.
Certains adversaires, comme un proche d’Edouard Philippe, estiment que cette candidature est une tentative ambitieuse mais vouée à l’échec. Le Rassemblement National voit également d’un bon œil cette situation, considérant qu’elle affaiblit la droite traditionnelle.
David Lisnard capitalise sur cette notoriété grandissante en multipliant les apparitions médiatiques, sans pour autant engager un véritable dialogue avec les citoyens. « Il est maire, il n’en a pas besoin », explique un proche.
Il est prévu qu’il déjeune avec des députés LR le mardi 3 novembre, avant de se concentrer sur sa campagne pour la réélection à la présidence de l’Association des maires de France, une élection qu’il semble déjà avoir gagnée.