Un ancien YMCA se transforme en modèle de résilience face aux inondations à Montréal
Les fortes pluies transforment régulièrement les rues en zones impraticables, selon Catherine Franzidis, directrice générale du Collectif 1745. « Tous les bâtiments sont victimes de ces inondations : nous, les écoles voisines et les résidents en face. »
Le Collectif 1745, un regroupement d’organismes locaux, a récemment acquis l’ancien bâtiment du YMCA, datant de 1959 et nécessitant des rénovations importantes. L’immeuble, d’une superficie de 26 000 pieds carrés (environ 2400 mètres carrés), est situé entre deux écoles primaires et plusieurs immeubles d’appartements.
Confronté à des problèmes récurrents de ruissellement, le collectif a axé ses travaux sur l’adaptation climatique. Cet automne, la toiture a été recouverte d’une membrane blanche pour réduire l’effet d’îlot de chaleur. Le plancher du sous-sol a également été rénové avec des matériaux résistants à l’eau.
Au printemps prochain, les efforts se concentreront sur la gestion des eaux pluviales sur le terrain, fortement minéralisé. Les conduites d’eaux pluviales et d’eaux usées seront séparées pour éviter qu’elles ne se déversent simultanément dans le réseau d’égouts. Deux bassins de rétention d’une capacité totale de 95 mètres cubes (l’équivalent de deux piscines résidentielles) seront également installés.
« On va réduire la pression sur les eaux municipales dans notre secteur », affirme Catherine Franzidis. « On n’a pas hâte de voir [une autre inondation], mais on a quand même hâte de voir les améliorations et les impacts réels que ça va amener. »
Ce projet, baptisé « Canaux solidaires », est présenté comme une contribution essentielle à la résilience, particulièrement en raison de son origine communautaire. Il a bénéficié d’un financement de 800 000 $ de la part d’Environnement et Changement climatique Canada et de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), par l’entremise du Fonds municipal vert. C’est l’un des sept projets du Québec à recevoir un soutien financier de la FCM.
Annie Gagnier, conseillère d’arrondissement du district Norman-McLaren, souligne l’importance de ces mesures pour le secteur Norgate, une zone cuvette considérée comme prioritaire. « On n’a malheureusement pas toutes les solutions, on aimerait bien avoir une baguette magique », admet-elle, faisant référence aux défis posés par les changements climatiques.
L’arrondissement a également investi 400 000 $ dans ce projet de rénovation. Le secteur Norgate, une cuvette, pourrait accumuler jusqu’à 300 mm d’eau en cas de fortes pluies, sans tenir compte de la capacité du système d’égouts. Une étude sur la résilience climatique a qualifié ce risque d'« extrême ».
L’arrondissement de Saint-Laurent, qui abrite de nombreuses activités industrielles et commerciales, est particulièrement exposé aux changements climatiques. Le Collectif 1745 a soumis un plan directeur de gestion de l’eau à la Ville de Montréal, qui a été approuvé.
En février 2025, trois citoyens de Saint-Laurent ont déposé une demande d’autorisation d’action collective contre la Ville de Montréal, alléguant un manque d’infrastructures adéquates. Cette demande est toujours en cours d’examen. L’acquisition de l’ancien YMCA en 2024, pour un coût de 3,4 millions de dollars, a soulagé la communauté, qui craignait une réduction des services.
Au-delà des infrastructures, le projet vise à renforcer la résilience communautaire face aux inondations, en particulier pour les nouveaux arrivants et les propriétaires du quartier. Les scientifiques prévoient une augmentation de la fréquence des événements climatiques extrêmes, et Catherine Franzidis s’attend à de nouvelles inondations.