Samedi 31 octobre 2026 En continu
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International

Les organismes francophones au Canada luttent contre la précarité financière

Une nouvelle étude de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) révèle que la majorité des organismes francophones en milieu minoritaire se trouvent encore dans une situation financière instable. Quatre ans après une première évaluation, l’étude menée auprès de 158 organismes indique que 59 % qualifient leur situation d’instable et que 80 % manquent de ressources humaines pour mener à bien leurs missions. Près d’un quart (23 %) affichent même un déficit.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Bien que la crise financière majeure redoutée en 2022 ait été évitée, la présidente de la FCFA, Liane Roy, insiste sur la nécessité de stabiliser le réseau pour permettre sa croissance future. Le dernier Plan d’action sur les langues officielles a permis aux organismes de maintenir leurs activités, mais des défis persistent. Les salaires ont augmenté depuis 2022, mais d’autres indicateurs, comme le recrutement de personnel et l’obtention de bénévoles, se sont détériorés. Les revenus provenant de sources privées et autogénérées ont également diminué.

La présidente de la FCFA souligne que les organismes ont pu continuer à offrir des services grâce à l’engagement de personnes dévouées qui travaillent souvent au-delà de leurs heures normales. Elle exprime l’espoir que le prochain Plan d’action sur les langues officielles, dont le dernier représentait un investissement de 1,4 milliard de dollars sur cinq ans, permettra de résoudre ces problèmes de financement persistants.

Selon François Charbonneau, professeur à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, ces résultats reflètent la dépendance financière des organismes francophones envers les gouvernements. Il soutient qu’une simple augmentation des fonds ne résoudra pas le problème à long terme, car les montants devraient être indexés pour éviter une récurrence de la situation. Charbonneau propose une alternative : permettre aux citoyens de choisir les organismes qui reçoivent des fonds, par exemple lors de la déclaration de revenus. Il critique également le processus actuel de sélection des organismes par le gouvernement, qui peut conduire à des situations artificielles et à un gaspillage de ressources, citant l’exemple de la radio communautaire Rafale FM au Labrador. Il rappelle également l’importance de l’autofinancement historique de la francophonie canadienne, qui représentait autrefois presque 100 % des revenus des associations. Actuellement, environ 80 % des revenus du réseau proviennent des gouvernements. Le ministère fédéral responsable des Langues officielles n’a pas répondu aux demandes de commentaires de Radio-Canada.