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Santé

En RDC, un infirmier lynché à mort, accusé de propager le virus Ebola

Le samedi 24 octobre 2026, la province de la Tshopo, située dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a été le théâtre d’une violence inacceptable. Un infirmier, engagé pour lutter contre l’épidémie de virus Ebola, a été lynché à mort par une foule en colère.

Illustration
Illustration Fil Clair.

L’infirmier a succombé aux coups après avoir été accusé, de manière infondée, de répandre volontairement la maladie. Selon le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’agression a eu lieu dans la ville de Bafwasende, une localité comptant 15 000 habitants. Un autre soignant a également été attaqué, mais a pu échapper à la violence grâce à l’intervention rapide de la police.

Cet incident tragique s’inscrit dans une série d’attaques croissantes visant le personnel soignant et les acteurs humanitaires depuis le début de l’épidémie en mai 2026. L’ONU a documenté des actes de vandalisme, des agressions et des menaces répétées, alimentées par des rumeurs persistantes accusant les professionnels de santé de propager le virus.

La méfiance de la population, exacerbée par une gestion perçue comme déficiente de l’épidémie et un manque d’information, est attisée par la propagation de théories du complot sur les réseaux sociaux. Ces théories incluent des allégations selon lesquelles l’épidémie serait un canular destiné à enrichir les organisations humanitaires ou que des vaccins existent mais ne sont pas distribués. Les restrictions imposées aux funérailles, notamment l’interdiction de toucher les corps des défunts et leur inhumation par des professionnels, ont également créé des tensions, car ces pratiques contredisent les traditions funéraires locales qui privilégient le contact direct avec le corps.

Julien Harneis, coordinateur principal de l’ONU chargé de la lutte contre Ebola, a condamné fermement l’attaque et a appelé à une enquête approfondie. Le Dr Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a souligné que « la santé n’est pas une cible » et a insisté sur le fait que « la désinformation et la peur ne doivent jamais alimenter la violence ».