Élections présidentielles 2027 : L’ascension inattendue de David Lisnard
L’arrivée de David Lisnard sur la scène politique française bouscule l’ordre établi à droite. Le maire de Cannes, également à la tête de l’Association des Maires de France (AMF), a connu une popularité croissante dans les sondages ces dernières semaines, grâce notamment à une stratégie de communication agressive sur les réseaux sociaux.
Lisnard s’est officiellement lancé dans la course à l’Élysée en mars dernier, quittant son ancien parti, Les Républicains, en raison d’un désaccord sur l’organisation d’une primaire. Initialement discret, il a su capter l’attention du public grâce à une intense présence numérique, diffusant de nombreuses vidéos vantant son positionnement « anti-système » et ses propositions de réduction des dépenses publiques.
Une campagne axée autour du hashtag #Ilsepassequelquechose, largement relayé sur X, a contribué à son émergence. Selon Alexandra Martin, députée et porte-parole de sa campagne, « Quand on dit qu’il se passe quelque chose, c’est d’abord venu du terrain. Vous allez dans un dîner de famille, en ville, chez le médecin, on vous parle de David Lisnard ! ».
Cette stratégie, orchestrée par le publicitaire Franck Tapiro, visait à créer une « marque Lisnard » et à susciter la curiosité des médias et des sondages. Le candidat a enregistré plus de 300 000 nouveaux abonnés sur Instagram en un mois et a également gagné en popularité sur le site de paris en ligne Polymarket. Certains ont même évoqué des opérations publicitaires.
Un sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Sud-Radio, publié à la mi-octobre, a placé Lisnard à 6 % d’intention de vote, devançant Bruno Retailleau, candidat des Républicains, de 1 %. Un sondage Cluster 17 pour Politico, publié le 26 octobre, a confirmé cette dynamique, lui accordant 8 % contre 5 % pour Retailleau.
Du côté des Républicains, on minimise l’impact de cette popularité, soulignant que les sondages de novembre sont souvent révisés. Pierre-Henri Dumont, porte-parole de Bruno Retailleau, a affirmé que les deux hommes se voient régulièrement et qu’ils ne seront pas adversaires directs.
Julien Aubert, vice-président LR, a comparé Lisnard à des figures politiques passées comme Zemmour ou Chevènement, soulignant que les outsiders ont souvent une chance lors des élections où le vote n’est pas encore figé. Cependant, certains estiment que le projet de Lisnard manque de substance.
L’ascension rapide de David Lisnard pourrait avoir des conséquences sur son poste de président de l’AMF, qui sera remis en jeu lors du congrès des maires en novembre. Il pourrait alors regretter que « quelque chose » se soit vraiment « passé ».