Santé mentale Féminine : un rapport met en Évidence les inégalités Structurelles
Un nouveau rapport révèle que les femmes sont confrontées à des défis spécifiques en matière de santé mentale, exacerbés par les inégalités sociales et les pressions culturelles.
Publié lundi par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), l’étude s’appuie sur des données de Santé publique France (SpF) qui montrent que 18,2 % des femmes souffrent de troubles dépressifs, contre 12,8 % des hommes. Cette disparité se manifeste dès l’adolescence et persiste tout au long de la vie.
L’HCE réfute l’idée d’une vulnérabilité innée des femmes à la dépression, soulignant que les pressions sociales et les violences contribuent de manière significative à ce déséquilibre. L’enquête de Santé publique France de juin dernier révèle un écart alarmant : à la fin du collège, seulement 57,7 % des filles déclarent un bon bien-être mental, comparativement à 80,3 % des garçons.
Les données de la Direction de la statistique des ministères sociaux (Drees) indiquent que près de cinq hospitalisations pour tentative de suicide ou automutilation concernent 1 000 filles âgées de 10 à 19 ans en 2025, un taux supérieur à celui de tous les autres groupes d’âge et de sexe. L’image corporelle est une source d’inquiétude majeure pour les filles, ce qui peut entraîner des troubles comme l’anorexie, touchant plus de 80 % des cas chez les jeunes femmes, et augmentant le risque d’épisodes dépressifs majeurs.
Le rapport met également en lumière l’impact néfaste des réseaux sociaux, des filtres et des algorithmes qui peuvent exposer les adolescentes vulnérables à des communautés pro-anorexiques. Les adolescentes sont cinq fois plus susceptibles d’être victimes de revenge porn et de cyberharcèlement, ce dernier multipliant le risque de dépression par 2,73.
La maternité reste une période de vulnérabilité souvent négligée. Moins de la moitié des dépressions pendant la grossesse et un tiers de celles survenant après l’accouchement sont identifiées. L’HCE insiste sur la nécessité d’un accompagnement psychologique systématique après une fausse couche ou un décès néonatal. La pression sociale pour être une « bonne mère » peut également dissuader les femmes de rechercher de l’aide.
Les femmes sont également confrontées à des défis spécifiques sur le lieu de travail, notamment dans les métiers du soin et du service, caractérisés par des conditions pénibles. Les troubles psychiques liés au travail touchent 5,9 % des femmes, contre 2,7 % des hommes.
Les inégalités économiques persistent même à la retraite : en 2024, les pensions des femmes de l’Union européenne étaient en moyenne inférieures de 25 % à celles des hommes, limitant ainsi leur accès à des ressources essentielles comme l’aide à domicile ou les soins psychologiques. Au grand âge, le veuvage, plus fréquent chez les femmes, peut aggraver la situation, souvent associé à des maladies chroniques et à la perte d’autonomie. L’HCE appelle à une meilleure prise en compte de ces problématiques spécifiques aux femmes âgées.