Exosquelette Eve : Wandercraft ouvre la voie à une nouvelle ère de mobilité pour les personnes handicapées
L’entreprise française Wandercraft, spécialisée dans la robotique, a franchi une étape décisive cette semaine avec l’obtention du marquage CE pour son exosquelette Eve. Cette certification majeure accélère le développement d’une technologie prometteuse, visant à offrir une nouvelle autonomie aux personnes handicapées.
Eve permet désormais aux adultes souffrant de paraplégie, de tétraplégie ou d’hémiplégie de se tenir debout et de marcher sans l’aide de béquilles, une avancée qui transformera leur quotidien. Contrairement à de nombreux exosquelettes existants, Eve intègre un système d’auto-équilibrage, libérant ainsi les mains de l’utilisateur. Cela ouvre la porte à des interactions sociales facilitées, comme partager un repas debout ou converser à hauteur de regard.
Bien qu’Eve complète le fauteuil roulant plutôt que de le remplacer, son utilisation nécessite un accompagnateur formé et un apprentissage spécifique pour garantir la sécurité. Les déplacements sont actuellement limités aux surfaces planes et adaptées.
Wandercraft n’est pas la seule entreprise à innover dans ce domaine. Aux États-Unis, Lifeward propose ReWalk 7, tandis qu’en Nouvelle-Zélande, REX se concentre sur la rééducation. Le Japon mise sur Cyberdyne avec HAL, et l’Espagne développe des solutions pour les centres de soins avec ABLE Human Motion. Ces technologies concurrentes présentent toutefois des différences notables par rapport à l’approche unique d’Eve.
Dans une stratégie d’expansion, Wandercraft a récemment racheté l’américain Ekso Bionics, renforçant ainsi sa position sur le marché. L’entreprise se diversifie également dans la robotique industrielle avec Calvin-40, qui équipera notamment Renault avec 350 robots à partir de 2027. L’inauguration de son nouveau siège parisien, le 5 octobre, témoigne de cette ambition.
La France ambitionne de développer une filière nationale dédiée aux « technologies d’assistance ». Une stratégie a été annoncée lors de la Conférence nationale du handicap le 4 septembre, visant à structurer ce secteur en associant recherche, entreprises et usagers. L’objectif est de favoriser l’investissement, l’exportation et le financement, tout en impliquant les personnes concernées dans la conception des solutions.
Cependant, des questions subsistent concernant l’accessibilité financière et les modalités de prise en charge de ces équipements. Il est crucial que les avancées technologiques ne se substituent pas à l’engagement envers l’inclusion des personnes handicapées, un point régulièrement souligné par les associations. Parallèlement, les pouvoirs publics doivent continuer à garantir l’accessibilité des infrastructures urbaines pour tous.