Retraite : Partager les trimestres liés à la parentalité peut avantager les deux parents
Le système général de retraite accorde jusqu’à huit trimestres par enfant aux parents, une aide qui peut impacter significativement le montant de leur pension. Traditionnellement, ces majorations revenaient automatiquement à la mère, une règle visant à compenser les interruptions de carrière plus fréquentes chez les femmes.
Cependant, depuis le 1er septembre 2026, le partage de ces trimestres peut offrir un avantage financier à l’ensemble du couple. Pour les pensions prenant effet à partir de cette date, le calcul de la pension de base est effectué sur moins d’années pour les parents bénéficiant de ces majorations.
Selon Philippe Bainville, expert à la Caisse nationale de l’Assurance retraite (Cnav), il est désormais crucial de connaître et d’utiliser cette possibilité. Chaque enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2010 donne droit à huit trimestres : quatre liés à la maternité ou à l’adoption et quatre liés à l’éducation. Ces trimestres ne figurent pas directement sur le relevé de carrière et nécessitent une démarche proactive.
Quatre trimestres sont toujours attribués à la mère biologique pour la maternité. Pour l’éducation, la réforme des retraites de 2023 a modifié la donne : deux des quatre trimestres sont désormais attribués par défaut à la mère, et seuls deux peuvent être attribués au père, sous conditions de résidence commune avec l’enfant et de ne pas avoir été privé de l’autorité parentale.
Le partage peut aussi avoir un impact financier. Le calcul du salaire annuel moyen pour déterminer la pension est basé sur les 24 meilleures années pour les parents ayant un enfant, et sur les 23 meilleures années pour ceux ayant deux enfants, au lieu de 25. Céder un seul trimestre d’éducation au père peut donc permettre aux deux parents de bénéficier de ce calcul plus favorable, sans pour autant pénaliser la mère.
Il est important de noter que ce choix doit être effectué dans les six mois suivant le quatrième anniversaire de l’enfant. Une fois le formulaire Cerfa 51767 signé par les deux parents envoyé à la caisse de retraite, la décision est irréversible, sauf en cas de décès du parent bénéficiaire avant la majorité de l’enfant. En cas de désaccord, le parent ayant principalement assumé l’éducation de l’enfant peut revendiquer les trimestres partageables, en fournissant les justificatifs nécessaires.