Dimanche 1er novembre 2026 En continu
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Économie

SMIC : le quotidien contraint par le revenu minimum

À Dreux, dans l’Eure-et-Loir, une ville comptant plus de 30 000 habitants, de nombreux salariés jonglent avec le SMIC, parfois toute leur vie. La question de savoir comment joindre les deux bouts, se loger et profiter de loisirs avec un revenu minimum est au cœur des préoccupations.

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Illustration Fil Clair.

Stéphanie Roeux, secrétaire à mi-temps dans un lycée, perçoit 9,74 euros de l’heure. Pour ses vacances, elle se contente de sorties à petit budget, à 5 euros par personne. « C’est occasionnel. Là, c’est très rare, donc c’est pour les vacances scolaires et faire plaisir à mon fils. Partir en vacances, on l’a fait cet été, donc on ne peut pas partir à chaque vacances scolaires. Ce n’est pas possible », explique-t-elle.

Les difficultés se manifestent également dans la gestion des dépenses courantes. Nathalie et Solange, deux auxiliaires de vie, témoignent d’un sentiment de sous-évaluation de leur travail, malgré quelques centimes de plus que le SMIC. « Absolument pas. Pour 22 ans d’ancienneté, non. Comparé à, par exemple, Madame, qui vient d’arriver, on est quasiment au même salaire », confie l’une d’elles. L’une d’elles exprime le besoin de 1 000 euros supplémentaires, tandis que l’autre se contente de 500. « Je ne vais plus au cinéma. Je ne vais plus au coiffeur non plus parce que si je vais chez le coiffeur, j’en ai pour 50 euros, c’est 50 euros de moins de courses. Ça devient compliqué de faire les courses avec le SMIC actuel », ajoute-t-elle.

Plus de 2 millions de salariés en France touchent le SMIC, un montant jugé insuffisant par Isabelle Feneu, vendeuse en boulangerie qui doit cumuler deux emplois pour survivre. La revalorisation de 3,6 % du salaire minimum cette année est perçue comme une avancée minime. « À la fin du mois, sur un salaire, ça fait peut-être 30 euros de plus, mais on ne le voit pas. C’est frustrant, quoi, parce qu’on se dit, c’est du temps qu’on pourrait passer avec nos enfants », regrette-t-elle.

Les difficultés persistent même à la retraite. Francine Binet et Isabelle Legalle, après une vie de travail dans divers secteurs, se retrouvent avec des revenus limités. « J’ai 70 ans, alors que j’ai travaillé toute ma vie, je gagne 1 000 euros par mois », déclare Isabelle. Francine, quant à elle, continue de travailler pour compléter ses revenus de retraite. « Ça met du beurre dans les épinards, comme on dit si bien. Mais moi, c’est indispensable non seulement pour mon salaire, mais pour mon bien-être et le bien-être des personnes », concède-t-elle. La question des salaires est devenue une priorité pour les Français, à six mois de l’élection présidentielle.