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Société

Violences à Prilly-Malley : des sanctions pénales lourdes envisagées après l’altercation entre supporters

Le 24 octobre dernier a marqué un point de bascule dans la violence entourant les matchs de hockey en Suisse romande. Ce jour-là, le Lausanne HC a battu le Fribourg-Gottéron à la Vaudoise Arena, mais la soirée a rapidement dégénéré.

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Illustration Fil Clair.

Selon des témoignages recueillis, après le match, alors que les bus transportant les supporters fribourgeois quittaient la patinoire sous escorte policière, un groupe d’individus a forcé le second véhicule à s’arrêter près de la gare de Prilly-Malley. Une vingtaine d’hommes, dont les visages étaient dissimulés, ont ensuite investi la gare et attaqué des supporters lausannois qui attendaient leur train. Deux personnes ont été gravement blessées et ont dû être hospitalisées. Les agresseurs se sont enfuis avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Le Ministère public vaudois a ouvert une instruction pénale. Le premier procureur, Bernard Dénéréaz, a précisé les accusations potentielles : « L’infraction envisagée pour les événements de la gare de Malley est l’agression », a-t-il déclaré. Cette infraction est passible d’une peine de prison pouvant atteindre cinq ans.

Au-delà de la peine de prison, le procureur a souligné que « pour les ressortissants étrangers, il s’agit également d’un cas d’expulsion obligatoire du territoire suisse ».

« C’est la première fois qu’on a basculé dans une autre forme de violence », a commenté Cyril Pasche, journaliste à Tamedia et ancien joueur professionnel. « Par le passé, les ultras s’affrontaient plus ou moins toujours entre eux. Là, c’était simplement une expédition punitive contre des gens qui n’avaient rien demandé et qui rentraient juste pacifiquement de leur match. »

Le procureur Dénéréaz a confirmé une augmentation des incidents ces dernières années. Il a assuré que « la police et le ministère public mettent en œuvre des moyens pour y faire face ».

La police cantonale vaudoise et la police judiciaire de Lausanne ont mis en place une équipe d’enquêteurs dédiée. Ces enquêteurs sont présents lors des matchs à risque. Un groupe de quatre procureurs est également mobilisé dans les stades et patinoires lors des rencontres considérées comme sensibles, pouvant procéder à des auditions et ordonner des investigations préliminaires.

Un précédent judiciaire similaire s’est produit en 2021, lorsque des ultras du Grasshopper Zurich ont été condamnés à trois mois et demi de prison ferme pour émeute au stade de la Tuilière à Lausanne, une décision confirmée par le Tribunal fédéral.

Le Fribourg-Gottéron a immédiatement pris des mesures, interdisant de stade les dirigeants de deux groupes ultras impliqués et retirant leurs banderoles et drapeaux jusqu’à nouvel ordre.

À Lausanne, le directeur général Chris Wolf a annoncé des mesures disciplinaires, affirmant que « des interdictions seront prononcées en rapport avec l’enquête en cours ». Le club a également réactivé le système Scan ID pour les prochains matchs à domicile contre le Fribourg-Gottéron.

Les victimes des violences de Prilly-Malley ont quitté l’hôpital en milieu de semaine. L’enquête se poursuit afin d’identifier tous les auteurs de ces actes.