L’humour sur les plaques funéraires : une tendance grandissante en Bretagne
Jean-René Tabouret, graveur funéraire indépendant basé à Pont-Aven, en Bretagne, a observé une évolution significative dans la perception de la mort. Lassé des formules traditionnelles, il a commencé à intégrer une touche d’humour dans ses plaques mortuaires, répondant ainsi à une demande croissante de personnalisation.
« J’ai beaucoup de demandes de personnalisations avec une pointe d’humour noir, des délires entre amis, les mimiques d’une personne », explique-t-il à BFMTV. Ces messages, parfois surprenants comme « bien fait pour ta gueule », « bien arrivé, bisous » ou « on t’aimait pas », visent à démystifier la mort et à susciter des souvenirs positifs.
Ce revirement a rencontré un tel succès que M. Tabouret en produit désormais environ 400 par an, à un prix variant de 100 à 250 euros.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de personnalisation du secteur funéraire. La startup Pimp My Coffin, fondée en 2023, propose des cercueils customisés avec des stickers imprimés, permettant aux familles de choisir des images personnalisées, générées parfois par intelligence artificielle. L’entreprise prévoit un millier de ventes cette année.
Valérie Guyot Sionnest, Parisienne de 58 ans, se positionne comme une « wedding planner » du funéraire, offrant des cérémonies sur mesure, de l’accueil des proches à l’organisation de leur séjour, en passant par la garde des enfants ou des animaux de compagnie. Elle insiste sur la création d’événements « distingués » et « sophistiqués » qui rendent hommage à la personnalité du défunt. Malgré cette tendance à l’innovation, certaines personnes restent réticentes à l’idée d’intégrer l’humour dans le deuil.