Budget 2027 : Les entreprises craignent un impact majeur sur les salaires et l’emploi
Les tensions entre les salariés, les syndicats et le monde des affaires s’intensifient alors que le projet de budget 2027 suscite l’inquiétude chez les employeurs. Si des manifestations ont eu lieu le 5 novembre pour exiger de meilleurs salaires et un pouvoir d’achat accru, le patronat exprime sa préoccupation quant aux mesures budgétaires qui pourraient peser lourdement sur les entreprises.
Des représentants du Medef, de l’U2P, du Meti et des Entrepreneurs se sont réunis au Sénat pour une table ronde, rapporte Public Sénat, afin de faire entendre la voix des entreprises. Le patron des Entrepreneurs a même pris part à la discussion après avoir critiqué une potentielle augmentation du SMIC.
Le budget 2027 pourrait entraîner une augmentation de 11,5 milliards d’euros des prélèvements sur les entreprises, malgré les allègements généraux de cotisations. Patrick Martin, président du Medef, a qualifié ces mesures d'« intolérables » et a mis en garde contre leur impact négatif sur l’économie, soulignant que les entreprises françaises sont déjà « les moins rentables d’Europe ». Il a également pointé du doigt une « baisse des investissements absolument glaçante » observée au troisième trimestre.
Selon le patron du Medef, le projet de loi de finances pour la sécurité sociale (PLFSS) repose sur « des erreurs stratégiques » et risque de freiner la croissance. Il a déploré l’absence de discussion sur l’emploi dans le débat public, estimant que la situation « se dégrade ».
Amir Reza-Tofighi, président des Entrepreneurs, a quant à lui chiffré les conséquences de la réforme des allègements généraux : « 92 % des entreprises limiteraient les augmentations de salaire » en cas de nouvelles hausses de cotisations salariales. De plus, plus de six entreprises sur dix (62 %) « reporteraient ou annuleraient des embauches », ce qui représente un coût de 11 milliards d’euros. « Soit ils vont dans le salaire, soit ils vont dans les charges patronales, mais ils ne peuvent pas aller dans les deux », a-t-il affirmé.
Michel Picon, patron de l’U2P, a exprimé sa « sidération » face à ces mesures qui « portent atteinte au travail ». Patrick Martin a également évoqué un « risque économique » important, illustré par la réduction des marges de manœuvre pour revaloriser les salaires lors des négociations annuelles obligatoires (NAO).
Le co-président du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) a été le plus alarmiste, prévenant : « Si on prend ces mesures, il faut se préparer à retrouver un chômage de masse dont on était un tout petit peu sorti dans les sept-huit dernières années. »