Mardi 3 novembre 2026 En continu
Le fil
  1. Nouvelle mesure budgétaire : les particuliers pourront investir directement dans la dette publique
  2. Baisse des prix du gazole : les effets du déstockage se font sentir
  3. Un jeune couple de pâtissiers s’installe à Vayrac et relève un défi gourmand
  4. Un lycéen américain découvre un amulet en Israël datant de 3 300 ans
  5. L’Assemblée nationale observe une explosion des pétitions en ligne après le succès de « Non à la Loi Duplomb »
  6. Arcom saisit la justice suite à des déclarations d’Éric Zemmour
Économie

Afrique : Des inquiétudes quant à la stabilité financière face aux défis extérieurs

Le 2 novembre 2026, la Banque de France a dévoilé son rapport annuel 2025 consacré aux relations monétaires entre la France et l’Afrique. Le document met en lumière une croissance soutenue et une inflation en baisse en Afrique subsaharienne durant l’année 2025. Cependant, il alerte sur une détérioration potentielle des conditions de financement extérieur pour 2026, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et une réduction de l’aide publique au développement.

Illustration
Illustration Fil Clair.

L’analyse s’articule autour de trois espaces monétaires distincts : l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et l’Union des Comores. Le rapport s’appuie sur les données des banques centrales locales et des études approfondies des contraintes économiques et budgétaires spécifiques à chaque région.

Un accent particulier est mis sur la gestion de la dette publique en Côte d’Ivoire et la « fatigue fiscale » observée en CEMAC, un phénomène limitant la capacité à mobiliser les ressources fiscales et affectant potentiellement la stabilité monétaire. Les analyses soulignent la diversité des situations nationales et régionales, évitant toute généralisation.

Au-delà de la simple capacité d’emprunt, le rapport souligne l’impact du coût et de la disponibilité des financements sur les budgets publics, particulièrement dans les économies dépendantes des ressources extérieures, surtout dans un contexte de contraction de l’aide internationale. Le rapport ne prévoit pas de modifications immédiates concernant les taux de change ou les accords de coopération monétaire.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a contribué avec une analyse des effets du changement climatique sur les finances publiques et la dette des pays de l’UEMOA. La Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi) a quant à elle examiné les conséquences des déséquilibres mondiaux sur le financement des pays africains les plus pauvres.

Le rapport intègre également une réflexion sur les migrations intra-africaines et leurs répercussions sur les pays d’accueil, élargissant ainsi la perspective sur la croissance, qui dépend également de facteurs démographiques, climatiques et institutionnels.

La Banque de France insiste sur la nécessité d’une approche régionale, reconnaissant que les trajectoires d’inflation, de dette et de financement varient considérablement entre l’UEMOA, la CEMAC et l’Union des Comores, en raison de leurs structures économiques et contraintes budgétaires distinctes. Un ensemble de données complémentaires et des articles thématiques sont disponibles pour approfondir l’analyse par zone monétaire, évitant ainsi une vision simpliste de la situation en Afrique subsaharienne.