Washington envisage de retirer l’Afrique du Sud et le Rwanda d’un programme commercial privilégié
L’Afrique du Sud et le Rwanda vont être exclus d’une initiative commerciale américaine qui offre un accès sans droits de douane au marché américain pour des milliers de produits en provenance d’Afrique subsaharienne depuis 26 ans.
Selon un communiqué publié lundi par l’ambassadeur américain au Commerce International, Jamieson Greer, le président américain Donald Trump a l’intention de « mettre fin » à la participation des deux pays à l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), à partir de janvier 2027.
Ce programme, soumis à des examens périodiques, avait été prolongé en février par Donald Trump.
Dans son communiqué, Greer a affirmé que « les gouvernements du Rwanda et de l’Afrique du Sud s’engagent dans des pratiques qui ne sont pas conformes aux critères d’éligibilité de l’AGOA. »
Ces pratiques, selon la même source, incluent « des obstacles qui nuisent au commerce et à l’investissement américains, ainsi que des pratiques qui constituent une menace pour la sécurité nationale américaine et les intérêts de politique étrangère dans la région. »
Le communiqué n’a pas fourni d’exemples précis de ces obstacles commerciaux ou de ces préoccupations liées à la sécurité et à la politique étrangère.
L’AGOA, initiée en 2000 par l’ancien président Bill Clinton, est un pilier de l’engagement économique des États-Unis envers l’Afrique subsaharienne. L’accès aux États-Unis sans droits de douane est considéré comme un stimulant économique crucial pour les plus de 30 pays bénéficiaires de l’AGOA, qui peuvent exporter plus de 1 800 produits spécifiques.
L’adhésion à l’AGOA exige l’élimination des obstacles au commerce et à l’investissement américains, le maintien d’une économie de marché ouverte, ainsi que le respect de principes démocratiques tels que l’état de droit, les droits de l’homme et la protection du travail.
L’Afrique du Sud a été le principal bénéficiaire de l’AGOA, exportant pour 1,7 milliard de dollars de marchandises, notamment des pièces automobiles, des agrumes et du vin, vers les États-Unis en 2025.
Le ministère du Commerce sud-africain a déclaré la semaine dernière qu’il était préparé à cette décision, soulignant que les exportations relevant de l’AGOA ne représentent que 10 % de ses exportations totales vers les États-Unis et 1 % de ses exportations mondiales totales. « L’AGOA reste importante pour l’Afrique du Sud, mais elle ne constitue pas la totalité de la relation économique entre l’Afrique du Sud et les États-Unis », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le président Cyril Ramaphosa a également déclaré ces dernières semaines que l’Afrique du Sud devait se préparer à être exclue de l’AGOA en recherchant de nouveaux marchés et de nouveaux accords commerciaux avec des partenaires tels que la Chine.
Le gouvernement sud-africain a affirmé lundi que les États-Unis restaient un partenaire commercial important et qu’il apporterait son soutien aux secteurs touchés.
L’industrie sud-africaine des agrumes, fortement dépendante des exportations, a averti que sa chaîne de valeur, « des deux côtés de l’Atlantique », était désormais menacée, et que des emplois et la sécurité économique de communautés entières étaient en jeu.
Les États-Unis exercent une pression économique sur le Rwanda en raison de son soutien présumé au groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo. Washington a imposé des sanctions à la semaine dernière au ministère de la Défense rwandais, qui nie tout lien avec le M23, ainsi qu’à plusieurs individus, institutions et une raffinerie d’or.