Toulouse : Une famille témoigne d’une intervention policière traumatisante lors de manifestations
« J’ai cru que j’allais brûler jusqu’à ce que je sois morte. » Ces paroles glaçantes ont été prononcées par la fille de Ludivine et Timothy, âgée de quatre ans, suite à un incident survenu lors de manifestations à Toulouse.
Samedi 31 octobre, ce couple et leurs deux jeunes enfants, rentrant de vacances, se sont retrouvés pris dans une zone de tirs de grenades lacrymogènes près de la gare Matabiau, alors qu’une intervention policière était en cours.
Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté dans les rues de Toulouse ce jour-là, lors d’un rassemblement interdit par la préfecture. Ludivine et Timothy, qui ne participaient pas à la mobilisation, attendaient un ami en voiture boulevard de Bonrepos après leur arrivée en train vers 17h30, les transports en commun étant perturbés.
Selon Ludivine, l’arrivée de manifestants depuis les allées Jean-Jaurès, marchant pacifiquement, a été suivie de la dispersion de la foule après l’arrivée d’une voiture de police rue Bayard, et de tirs de grenades lacrymogènes.
Dans la confusion, le couple a tenté de rejoindre la gare, mais les gaz ont bloqué leur chemin. Des manifestants les ont aidés à franchir les barrières près de l’écluse Bayard. Timothy affirme avoir reçu une grenade au pied, tandis qu’une autre aurait explosé près de son épouse et de leur fils. Une vidéo diffusée sur Instagram par la page « tousendirect » montre la famille près du canal, dans une atmosphère enfumée, avec des personnes criant « Il y a des enfants ! » en direction des policiers.
Les enfants sont profondément marqués par l’événement. La fille de Ludivine et Timothy a exprimé sa peur que les policiers ne brûlent leur maison, tandis que son frère se réveille encore en demandant où est le feu. Timothy, de nationalité américaine et résidant à Toulouse, a partagé leur récit sur le forum Reddit.
Le couple envisage de porter plainte et de rassembler d’autres vidéos. « Ce qui nous met en colère, c’est qu’ils [les policiers, NDLR] ne nous ont proposé ni excuses ni aide », a déclaré Ludivine. La préfecture de la Haute-Garonne a justifié l’intervention policière par une opération de dispersion d’individus violents tentant de forcer l’accès à la gare ou au métro, affirmant que plusieurs attroupements de près de 2 000 personnes se trouvaient aux abords du secteur, et assurant que les forces de l’ordre n’avaient aucune intention de viser des familles.