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Société

Toulouse : Les commerçants sur le qui-vive avant les manifestations du 31 octobre

Ce vendredi matin, le centre-ville de Toulouse retrouve son activité habituelle, avec l’ouverture des boutiques et l’accueil des premiers clients. Cependant, la présence de barricades devant certains établissements rappelle les incertitudes liées aux manifestations prévues ce samedi 31 octobre.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Les commerçants qui ont gardé leurs portes ouvertes lors de la dernière journée de mobilisation se montrent prudents. L’accès au centre-ville peut être difficile, et certains clients hésitent à s’aventurer dans la zone par crainte de se retrouver pris entre manifestants et forces de l’ordre. Cette situation rappelle les tensions vécues durant la crise des Gilets jaunes en 2018, lorsque des hélicoptères survolaient la ville et que les commerces adaptaient leurs pratiques pour survivre.

Maya, qui travaille pour un commerçant, témoigne de l’habitude prise par sa patronne pendant les événements passés : disposer une serpillère mouillée devant la porte pour se protéger des lacrymogènes et fermer rapidement en cas de troubles. Certains magasins ont préféré rester fermés, une décision financièrement lourde. Ce samedi, la plupart devraient rouvrir, au moins jusqu’au début des manifestations.

« On fermera si ça chauffe trop », confie Landry, vendeur dans une boutique de décoration de la rue Saint-Rome. Il craint que ces événements ne se prolongent, son magasin étant particulièrement prisé pour les cadeaux de Noël. D’autres commerces, comme JD Sports, ont renforcé la protection de leurs vitrines avec des plaques de bois.

Pour faire face à l’incertitude, les commerçants ont mis en place un groupe WhatsApp initié par un membre de la rue Alsace-Lorraine. Ce groupe permet de partager des informations en temps réel, de coordonner les actions et de se soutenir mutuellement. « Si des casseurs arrivent d’un côté de la rue, on est prévenus, et on décide ensemble si on ouvre ou non », explique Maya. Certains commerçants proposent même un refuge à leurs collègues.

Malgré la solidarité, la question de l’ouverture dominicale divise également les commerçants, qui craignent des rues vides et des coûts salariaux accrus. Ils scrutent leurs comptes avec inquiétude, prêts à actionner le rideau de fer si la situation l’exige.