Malgré l’interdiction imminente, les importations de gaz russe en Europe atteignent un pic
Une commission d’enquête des Nations Unies a dénoncé lundi 26 octobre les attaques répétées de la Russie contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, qualifiées de « crimes contre l’humanité ».
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, Moscou a cherché à affaiblir Kiev et l’Union européenne sur le plan énergétique.
Initialement, la Russie a réduit considérablement ses exportations de gaz vers l’Europe, principalement via des gazoducs. Les Vingt-Sept ont réagi en cherchant à diminuer cette dépendance.
Par conséquent, la consommation européenne de gaz russe a considérablement diminué. « En 2022, la Russie fournissait 40 % du gaz européen. Aujourd’hui, ce chiffre est de 12 % », explique Ines Bouacida, chercheuse spécialisée dans l’énergie à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), confirmant les données de l’Agence internationale de l’énergie.
L’Union européenne a cherché à importer davantage de gaz via des pipelines provenant d’autres pays (Norvège, Algérie, Azerbaïdjan), mais surtout du gaz naturel liquéfié (GNL), une option plus flexible transportée par voie maritime.
Bien que principalement américains et qatari, une partie du GNL importé provient de Russie. Face à la diminution des importations par pipeline, le GNL est devenu la principale forme de gaz russe acheminée vers l’Union européenne, une part auparavant marginale.
L’UE a adopté en janvier 2026 une réglementation interdisant l’importation de gaz russe, entrée en vigueur le 18 mars, avec des exceptions jusqu’au 1er janvier 2027 (GNL) et septembre 2027 (gazoducs).
Cependant, les importations de GNL russe ont augmenté en 2026. Selon l’ONG allemande Urgewald, elles ont progressé de 9,5 % entre janvier et septembre 2026, par rapport à la même période l’année précédente.
Cette hausse s’explique en partie par les frappes américaines et israéliennes en février 2026, ayant bloqué le détroit d’Ormuz et détruit plusieurs terminaux gaziers dans la région, perturbant les marchés mondiaux. Un hiver 2025-2026 rigoureux en Europe a également augmenté la demande.
Thomas Pellerin-Carlin, eurodéputé, estime que les acheteurs cherchent à « faire en sorte d’acheter autant que possible avant que cette interdiction n’ait lieu ».
Malgré tout, l’Union européenne devrait pouvoir se passer de ce gaz, qui représentait encore plus de 13 % de son approvisionnement au deuxième trimestre. Des améliorations en matière d’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables ont contribué à cette capacité.
Selon Gergely Molnar, spécialiste du marché du gaz à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cette interdiction représente une « opportunité de diversifier davantage les approvisionnements ».
Ce développement de la production de GNL, une énergie fossile, suscite des inquiétudes chez les ONG environnementales, qui mettent en avant son impact climatique important.