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Société

Parcoursup : La France, le pays le moins sélectif pour l’enseignement supérieur ? Une analyse nuancée

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a affirmé jeudi 29 octobre sur franceinfo que la France est « le pays le moins sélectif » au sein de l’OCDE en matière d’accès à l’enseignement supérieur. Une déclaration qui soulève des interrogations, d’autant que la plateforme Parcoursup est au cœur de vives critiques.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Selon un rapport de l’OCDE, la France affichait en 2024 un taux d’acceptation de 95 %, le plus élevé parmi 20 pays étudiés. Cependant, l’économiste Julien Grenet, directeur adjoint de l’Institut des politiques publiques (IPP), nuance cette affirmation. Il souligne que ce chiffre mesure simplement le pourcentage de candidats recevant au moins une proposition, et non la sélectivité des formations ni la capacité des étudiants à intégrer le cursus de leur choix.

Le rapport de l’OCDE précise également que tous les étudiants admis ne s’inscrivent pas forcément. En France, 83 % des admis s’inscrivent effectivement.

Le ministre a également pointé du doigt le faible taux de réussite en première année de licence, soulignant une « sélection qui se fait en première année ». Seuls 48 % des étudiants en première année passent en deuxième, selon un rapport de la Cour des comptes. De plus, seulement 34 % des nouveaux inscrits dans les universités publiques obtiennent leur licence dans le délai théorique de trois ans. Ces résultats placent la France en dessous de la moyenne de l’OCDE, où le taux moyen d’obtention est de 43 % dans le délai théorique et de 59 % avec une année supplémentaire.

Julien Grenet explique que ce fort taux d’échec est lié à un déséquilibre entre l’offre et la demande. Le chiffre global avancé par le ministre peut donner une fausse impression quant à la satisfaction des vœux des bacheliers. De nombreux élèves des filières professionnelles et technologiques ne trouvent pas de place dans les formations adaptées à leur profil. Par exemple, en 2026, 32 939 bacheliers professionnels n’ont reçu aucune proposition en BTS et 48 700 bacheliers technologiques n’ont reçu aucune proposition en IUT.

L’économiste souligne que le système français est « dual », avec une accessibilité générale à la licence, mais une forte sélectivité dans les filières spécifiques comme les BTS, les DUT et les classes préparatoires. Environ 17 % des bacheliers professionnels et 8 % des bacheliers technologiques n’ont reçu aucune proposition, contre seulement 2,4 % des bacheliers généraux. Des disparités géographiques existent également, avec 28 % des bacheliers professionnels n’ayant reçu aucune proposition en Île-de-France.