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Société

Montée des insultes et menaces en ligne envers les forces de l’ordre

Des insultes, des dénigrements à l’égard des syndicats de police et des messages appelant directement à attaquer les agents sont devenus monnaie courante sur certains canaux numériques. Cette situation inquiète les organisations policières, notamment après les récents épisodes de violence survenus à Barcelone, où plusieurs agents ont été blessés lors d’émeutes.

Illustration
Illustration Fil Clair.

L’Union Fédérale de Police (UFP) est un exemple parmi d’autres, ayant reçu des centaines de réponses insultantes et violentes sur sa page X. La controverse s’est intensifiée à la suite d’un sit-in organisé par des représentants syndicaux au Secrétariat d’État à la Sécurité pour réclamer la reconnaissance de la Police Nationale comme profession à risque et une retraite digne.

Une publication liée à cette manifestation, diffusée le 27 octobre dernier, a enregistré 438 réponses, un centaine de citations et plus de 100 000 vues. Les commentaires contiennent régulièrement des qualificatifs tels que « fascistes », « porcs », « ordures », « traîtres » ou « vendus », ainsi que des expressions comme « allez vous faire voir » et des attaques personnelles plus graves. « Au moins, on ne vous tabasse pas comme vous le feriez », a écrit un utilisateur. « J’espère que vous vous ferez tabasser », pouvait-on lire dans un autre commentaire, accompagné d’insultes dirigées vers les policiers.

Des analyses des réponses à cette publication et à d’autres mentions récentes indiquent qu’entre 20 % et 40 % des commentaires sont particulièrement hostiles ou insultants. Cependant, il n’existe pas de décompte complet permettant d’établir un chiffre définitif, les outils disponibles ne permettant pas d’accéder à toutes les réponses ni de réaliser une analyse statistique exhaustive.

Ces dénigrements ne se limitent pas aux syndicats de police. De nombreux messages reprochent aux agents leur comportement lors des opérations de maintien de l’ordre et leur attribuent des comportements autoritaires. Les termes « fascistes » ou « gorilles » sont associés à des critiques concernant l’usage de la force lors des manifestations, tandis que d’autres utilisateurs accusent les organisations syndicales de défendre des positions politiques d’extrême droite.

Le Syndicat Unifié de Police (SUP) a également averti de la circulation de messages dans des groupes de messagerie proposant des agressions directes contre les agents et des dégradations de véhicules de police. Selon le syndicat, certains participants échangeraient des plans pour attaquer des agents et rendre les voitures de patrouille hors service.

Le SUP estime que ces messages nécessitent une attention particulière, car ils pourraient indiquer quelque chose de plus que les épisodes habituels de vandalisme qui se produisent lors de certains troubles. L’organisation souligne qu’il est nécessaire d’enquêter pour savoir si ces conversations cachent des préparatifs pour commettre des agressions délibérées et coordonnées.

Les récents incidents à Barcelone ont exacerbé ces inquiétudes. Lors des émeutes, plusieurs policiers ont été blessés et 130 personnes ont été arrêtées, dont 76 mineurs, selon les données du syndicat. Cette participation juvénile a conduit le SUP à demander une révision de la réponse pénale face aux délits violents commis par les mineurs, en particulier lorsque des preuves de planification préalable ou d’action coordonnée existent.

Le syndicat souhaite également que les enquêtes s’étendent à ceux qui promeuvent ou facilitent les attaques, au-delà des personnes qui les exécutent. Il réclame également le renforcement des services de renseignement, une meilleure coordination entre les différents corps de police et la garantie que les dispositifs de sécurité disposent des moyens humains et matériels nécessaires.