Vendredi 30 octobre 2026 En continu
Le fil
  1. La nomination de Jacinthe-Ève Arel suscite la controverse au sein du Parti québécois
  2. Message au Lycée : le ministre de l’Éducation Réaffirme son Engagement
  3. OpenAI renforce la sécurité de ChatGPT pour les mineurs face aux questions sur les armes
  4. Rétablissement de l’impôt sur les départs fiscaux : les députés resserrent l’étau
  5. Procès climatique au Canada : la détresse psychologique des jeunes au cœur des débats
  6. Cop17 sur la biodiversité : Adoption de textes clés malgré un bilan jugé décevant
International

Ukraine : des composants suisses détectés dans des armements russes, malgré les sanctions

Le renseignement militaire ukrainien (HUR) a révélé, via une base de données publique, la présence continue de composants électroniques suisses dans les équipements militaires russes, notamment des drones et des missiles récents ou modernisés. Des analyses menées au printemps, ainsi qu’en septembre et octobre, ont mis en évidence cette situation.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Selon Kiev, ces pièces proviendraient d’une dizaine d’entreprises suisses. Des composants de fabrication helvétique auraient également été identifiés dans des missiles balistiques nord-coréens utilisés par la Russie contre l’Ukraine.

Vladyslav Vlasiuk, conseiller du président ukrainien chargé des sanctions internationales, affirme que ces composants sont cruciaux pour le fonctionnement des armes russes. Il estime que 95 % des drones et missiles russes contiendraient des pièces fabriquées par des entreprises suisses, dans une interview accordée à la SRF.

Il s’agit principalement de composants électroniques produits en série, utilisés pour le pilotage, le traitement des données de navigation, la conversion de tension, ou encore comme capteurs et puces mémoire.

Kiev critique le manque d’action de la Suisse pour empêcher l’acheminement de ces composants vers la Russie. Vladyslav Vlasiuk appelle à renforcer les contrôles à l’exportation et à impliquer davantage les autorités de poursuite pénale, jugeant les mesures actuelles insuffisantes face à l’évolution des sanctions et des méthodes de contournement utilisées par la Russie.

Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) reconnaît le problème, soulignant que la plupart des composants ne sont pas fabriqués en Suisse et ne sont donc pas directement exportés. Il rappelle cependant que toute exportation indirecte vers la Russie est interdite.

Les entreprises suisses sont tenues de respecter des obligations de diligence, notamment en interdisant la réexportation de leurs produits vers la Russie. Le Seco affirme que l’application des sanctions contre Moscou est une priorité pour le Conseil fédéral.

Vladyslav Vlasiuk encourage les entreprises à renforcer leur vigilance quant au choix de leurs distributeurs et intermédiaires, citant l’exemple de NXP, qui aurait considérablement réduit sa présence dans les armements russes.

Des enquêtes révèlent que des intermédiaires et distributeurs chinois pourraient être impliqués dans le transit de ces composants suisses vers la Russie. La fabrication de certains composants suisses en Chine complique également le contrôle de leur destination finale.