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International

Pologne : une crise constitutionnelle S’Aggrave Autour du tribunal constitutionnel

Un conflit majeur secoue la Pologne, centré sur le Tribunal constitutionnel, la plus haute juridiction du pays, chargé de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Cette institution, comparable à la Cour constitutionnelle en Belgique, est au cœur de tensions politiques profondes depuis 2015.

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Illustration Fil Clair.

Le problème réside principalement dans la manière dont les juges sont nommés, un processus qui est devenu un enjeu politique majeur. Après l’arrivée au pouvoir du parti nationaliste Droit et Justice (PiS) en 2015, des nominations controversées ont été effectuées, remplaçant des juges par des magistrats fidèles au gouvernement. Ces actions ont été jugées irrégulières par la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) en décembre 2023, qui a estimé que le tribunal ne garantissait plus l’indépendance et l’impartialité requises.

Cette situation a provoqué des manifestations massives en Pologne et a exacerbé la polarisation de la société. L’Union européenne a également exprimé son inquiétude et a appelé à une restauration rapide de l’indépendance du tribunal.

En octobre 2023, le gouvernement centriste dirigé par Donald Tusk a pris des mesures pour nommer de nouveaux juges, mais le président de la République, Karol Nawrocki, s’y est opposé, bloquant ainsi le processus. Cette opposition a conduit à une confrontation directe entre le gouvernement et le président.

La situation a atteint un point culminant le 30 octobre, lorsque l’une des juges a suspendu le président du tribunal, Bogdan Święczkowski, et a nommé son remplaçant. Le ministre de la Justice, Waldemar Zurek, a justifié cette action en affirmant que le tribunal était devenu une « propriété privée » et qu’il était nécessaire de rétablir son bon fonctionnement. Bogdan Święczkowski a dénoncé un « coup d’État » sur son compte X.

Des manifestations ont éclaté devant le tribunal, réprimées par la police anti-émeute. Les slogans dénoncent des dérives totalitaires. L’ancien président Andrzej Duda a attaqué le Premier ministre Donald Tusk, tandis que ce dernier a affirmé qu’il s’agissait d’un « devoir » de rétablir l’état de droit après des années d'« illégalité » sous le PiS.

Michel Liégeois, professeur de Relations internationales, estime qu’il ne s’agit pas d’un coup d’État au sens strict, mais plutôt d’une « crise politique constitutionnelle sérieuse » avec des conséquences importantes, notamment en vue des prochaines élections législatives de 2027. L’Union européenne a pris position en faveur du Premier ministre Donald Tusk et a appelé à valider la nomination de nouveaux juges. Le président polonais a mené des consultations infructueuses pour tenter de résoudre le conflit.