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International

Pologne : Tensions croissantes entre le président Navrocki et le Premier ministre Tusk

Une crise politique majeure secoue la Pologne, exacerbée par un conflit sur la composition du Tribunal constitutionnel. Le président Karol Nawrocki a mené des consultations avec des représentants de partis de l’opposition et de la majorité centriste le samedi 31 octobre, sans parvenir à une résolution. Cette démarche intervient après une intervention policière au Tribunal constitutionnel à Varsovie le 30 octobre, marquant une escalade significative du conflit.

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Illustration Fil Clair.

Les entretiens du président ont inclus des rencontres avec des chefs de partis de l’opposition nationaliste, de l’extrême droite, de la gauche radicale, ainsi que de deux partis de la coalition au pouvoir. La gauche, membre de la coalition, a refusé d’être invitée, tandis que la Coalition civique (KO) de Donald Tusk n’a pas envoyé de représentants.

Le Tribunal constitutionnel, jugé trop influencé par la politique par l’Union européenne, a été au cœur d’une dispute entre Bruxelles et le parti Droit et Justice (PiS) durant leurs mandats (2015-2023). Le PiS avait nommé des juges politiquement engagés, contestés par l’UE et par le Premier ministre Donald Tusk.

La Commission européenne a publiquement soutenu Donald Tusk, appelant le président Nawrocki à valider les nominations de juges pour débloquer la situation. Un porte-parole a souligné l’importance pour les autorités polonaises de garantir le bon fonctionnement du Tribunal constitutionnel conformément à la Constitution et au droit européen.

Depuis son retour au pouvoir en 2023, Donald Tusk a promis de résoudre cette crise, mais sans succès jusqu’à présent. Les nominations de la Diète (chambre basse du Parlement) n’ont pas été approuvées par le chef de l’État.

La situation s’est intensifiée le 30 octobre avec l’intervention de la police au Tribunal constitutionnel, une demande de levée d’immunité pour le président du tribunal nommé par le PiS et l’annonce d’une juge nouvellement nommée assurant l’intérim.

« Depuis des années il existe en Pologne des organisations et des responsables politiques qui veulent détruire la démocratie et l’État de droit », a déclaré Donald Tusk.

Le déploiement des forces de l’ordre a eu lieu alors que le président Nawrocki se trouvait en voyage au Sénégal, où il a fait demi-tour pour se rendre au tribunal et y pénétrer de force. Donald Tusk a dénoncé cette action comme une tentative d’intimidation des juges.

Des manifestations de sympathisants du PiS se poursuivent devant le Tribunal constitutionnel. Des politologues estiment que la perspective des élections législatives de novembre 2027 rend la situation particulièrement volatile.

Anna Korwin-Piotrowska, juge nommée par le gouvernement actuel, a annoncé la suspension du président du tribunal, Bogdan Swieczkowski, et assuré l’intérim, une décision contestée par la Fondation Helsinki pour les droits de l’homme. Bogdan Swieczkowski, soutenu par l’opposition et le président, affirme rester en fonction, créant une confusion quant à la légitimité de la gouvernance du Tribunal.