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International

Canada-UE : un statut de « membre associé » Source de Questions

Ottawa et Bruxelles ont officialisé vendredi une feuille de route visant à renforcer la coopération entre le Canada et l’Union européenne, notamment en matière de chaînes d’approvisionnement. Cependant, la désignation de « membre associé » pour le Canada soulève des interrogations juridiques et politiques.

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Illustration Fil Clair.

Ce terme, inhabituel en droit international, n’existe pas, explique l’ancien diplomate canadien François Larochelle. Bien qu’il n’intégrera pas le Canada à l’UE, ce statut lui confère une position privilégiée par rapport à d’autres nations.

L’UE, déjà confrontée à une longue liste de pays aspirant à l’adhésion, comme l’Ukraine, qui a déposé sa candidature en 2022 et en est à la deuxième phase de négociations sur la sécurité et la défense, pourrait voir ce statut créer un précédent.

Le chancelier allemand Friedrich Merz avait d’ailleurs suggéré en mai dernier d’accorder ce statut à l’Ukraine. Achim Hurrelmann, expert en études européennes, souligne que l’approbation de tous les 27 États membres est nécessaire, ce qui rend les négociations complexes.

« Il est très clair que, même s’il s’agit d’une adhésion en tant que membre associé, il ne s’agit pas simplement d’une sorte d’accord politique ponctuel, mais de quelque chose de tout à fait fondamental », a déclaré M. Hurrelmann.

L’ancien diplomate François Larochelle s’interroge sur les implications futures : « Ça va être qui après le Canada ? » Il estime que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devra clarifier sa position, notamment auprès des pays réticents comme l’Allemagne.

Le ministre Marc Miller a minimisé l’importance de la terminologie, reconnaissant toutefois qu’il reste du travail à faire pour définir précisément ce que ce statut implique. Le premier ministre Mark Carney, initialement critique, a fini par adopter le terme lors d’un discours.

Malgré ces débats, Ottawa salue ce rapprochement, particulièrement dans un contexte de tensions commerciales. « Si on n’avait pas eu [Donald] Trump, je ne pense pas qu’on aurait assisté à ce rapprochement », a affirmé François Larochelle. Les détails de ce partenariat, couvrant des domaines tels que l’intelligence artificielle, les matières premières et la défense, seront précisés dans les prochains mois. Le ministre Miller a assuré que ce partenariat profitera aux Canadiens et favorisera l’innovation.