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Politique

La position de Marine Le Pen sur la crise polonaise : une stratégie politique ?

Des manifestations soutenant le parti Droit et Justice (PiS) secouent la Pologne depuis plusieurs semaines, alors que le Premier ministre Donald Tusk et le président Karol Nawrocki s’opposent vivement concernant le sort des juges de la plus haute juridiction du pays. Ces juges, nommés par la droite nationaliste lors de son mandat, sont considérés par l’Union Européenne comme étant trop liés au pouvoir politique. Donald Tusk souhaite leur départ, tandis que Karol Nawrocki les défend.

Illustration
Illustration Fil Clair.

L’intervention de Marine Le Pen dans cette crise politique soulève des questions quant à ses motivations. Elle pourrait chercher à servir plusieurs objectifs : se positionner comme la voix des citoyens mécontents, dénoncer ce qu’elle perçoit comme un « coup d’État » mené par le Premier ministre centriste et pro-européen Donald Tusk, avec le soutien de l’UE et des médias, et apporter son soutien à ses alliés du parti ultra-conservateur PiS.

Donald Tusk et Karol Nawrocki sont engagés dans un conflit, dans un contexte de cohabitation, concernant la composition du tribunal constitutionnel, équivalent du Conseil constitutionnel français. Le PiS avait précédemment influencé la composition de cette institution en nommant des magistrats fidèles. Le Premier ministre cherche à rééquilibrer cette composition, mais ses méthodes suscitent des critiques.

Marine Le Pen s’est présentée comme une défenseuse des libertés, tout en critiquant en France ce qu’elle appelle le « gouvernement des juges » et en contestant le rôle du Conseil d’État et du président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand. Cette stratégie vise à relativiser les notions de loi et d’État de droit, selon les contextes et les acteurs.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie de campagne présidentielle en France, où elle inverse les rôles en défendant l’État de droit en Pologne tout en critiquant les institutions françaises. Elle cherche à préparer l’opinion publique à une confrontation avec les contre-pouvoirs si elle accède à l’Élysée.

Pour atteindre ses objectifs, Marine Le Pen utilise le discours populiste, affirmant parler au nom d’un « peuple » idéalisé. Cependant, cette stratégie comporte des risques, car une ingérence dans les affaires intérieures d’un autre pays pourrait entraîner des représailles similaires si elle était au pouvoir. En soutenant le PiS, qui a conduit la Pologne vers une dérive illibérale, elle s’aligne sur des leaders europhobes comme Viktor Orbán et Nigel Farage, qui cherchent à affaiblir l’Europe et à remettre en question l’État de droit, avec le soutien de Donald Trump.