COP : un format de négociation essentiel, mais nécessitant une réforme
Après deux semaines de débats intenses à Erevan, en Arménie, les États membres de la COP17 ont adopté une cinquantaine de textes cruciaux pour la protection de la biodiversité. La recherche de consensus, une exigence fondamentale de ces conférences internationales, a toutefois conduit à des compromis.
Alors que la COP31 sur le climat se prépare à se tenir du 9 novembre à Antalya, en Turquie, des voix s’élèvent pour remettre en question l’efficacité de ces rencontres et plaider pour une refonte du système.
Pour Géraldine Pflieger, membre de la délégation suisse à la COP climat, le format des COP pourrait être amélioré, mais leur importance demeure indéniable. « Elles sont absolument nécessaires, notamment pour définir les grands objectifs, que ce soit sur la biodiversité ou le climat, et aussi pour mesurer si on atteint ou non ces objectifs et maintenir la pression pour renforcer l’action et la mise en œuvre, » a-t-elle déclaré lors du 19h30 de la RTS.
La professeure en politiques urbaines et de l’environnement à l’Université de Genève souligne que les COP ont permis des avancées concrètes, comme les accords de Paris, adoptés en 2015, visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Bien que les objectifs ne soient pas encore atteints, elle observe une amélioration par rapport aux projections initiales.
« Par rapport à la trajectoire des émissions qui nous menait vers +4 degrés en 2010, on tend plutôt vers +3,2 ou 2,9, » explique-t-elle. « Des pays ont mis en œuvre des politiques de décarbonation et de réduction de leurs émissions grâce à cet accord international, ce qui n’aurait pas été le cas sans lui. Ce n’est donc pas parce qu’elles n’atteignent pas l’intégralité de leurs objectifs qu’elles sont totalement inutiles. »
Si Géraldine Pflieger soutient les COP sur le fond, elle reconnaît la nécessité de changements sur la forme. L’abandon du consensus au profit d’un vote à la majorité est notamment évoqué.
« Il existe des réflexions pour proposer une majorité de deux tiers, que ce soit des émetteurs, des pays ou de la population, » précise Géraldine Pflieger. « Cela permettrait d’avoir une véritable légitimité internationale sans le pouvoir de veto de certains pays, même ceux qui n’ont pas toujours intérêt à défendre le climat. »
L’experte envisage également des réformes pour réduire le gigantisme de ces conférences, qui rassemblent représentants, chefs d’État, scientifiques, organisations internationales et lobbys.
« Il faudrait séparer la semaine du climat, les expositions et les foires qui l’entourent du moment de délibération sur l’avenir climatique, et rendre plus transparents les registres des lobbyistes, notamment pour limiter leur présence, tout en garantissant la présence de la société civile, ce qui représente toujours un équilibre complexe, » déclare-t-elle. « Réformer le format des COP semble essentiel, mais cela nécessite un accord à l’unanimité. »
Propos recueillis par Valentin Emery
Adaptation web : Emilie Délétroz