La France secouée par de nouvelles manifestations contre le coût de la vie : 520 arrestations et tensions vives
Les forces de l’ordre françaises ont déployé un dispositif exceptionnel de 70 000 agents pour encadrer les manifestations qui ont secoué le pays samedi, suite à des appels à l’insurrection sur les réseaux sociaux. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a salué la robustesse des dispositifs de sécurité, tout en déplorant les violences et une tentative de meurtre contre les forces de l’ordre. 520 arrestations ont été effectuées et ce nombre pourrait encore augmenter.
Marine Le Pen (Rassemblement national) et Bruno Retailleau (Les Républicains) ont condamné avec force les images d’un policier attaqué par un cocktail Molotov.
Selon les autorités, 320 000 personnes ont participé aux manifestations à travers la France, dont 70 000 à Paris. Les organisateurs estiment le nombre de participants à près d’un demi-million, dont 200 000 dans la capitale. Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance à la mobilisation, après 410 000 manifestants recensés la semaine précédente et 800 000 selon les organisateurs.
La foule, mêlant déguisements d’Halloween et pancartes revendiquant une baisse du coût de la vie, a défilé dans des quartiers résidentiels de Paris, le parcours autorisé par la police. Des heurts ont éclaté à la fin de la manifestation, avec des jets de projectiles et des réponses des forces de l’ordre par des gaz lacrymogènes. Des violences similaires ont été signalées à Lyon, Rennes, Marseille et Toulouse.
Au-delà des revendications initiales des lycéens et étudiants pour davantage de moyens dans l’éducation et contre la vie chère, les manifestants ont également dénoncé la montée du racisme, suite à l’attentat du 23 octobre en région parisienne, qui a fait un mort et sept blessés. Le suspect, âgé de 39 ans, a reconnu avoir ciblé des personnes de type musulman, africain ou nord-africain.
Camille Guérin, manifestante à Nantes, a déclaré : « On dit non au prix de la vie, non à l’extrême droite, oui aux revendications des lycéens, oui à la parole des citoyens. »
Les manifestants ont critiqué l’interdiction des rassemblements dans les centres-villes, imposée par le gouvernement. Plusieurs personnes, dont des mineurs, ont été blessées lors des opérations de maintien de l’ordre, et 1193 policiers et gendarmes ont été blessés selon le ministre de l’Intérieur.
Des organisations ont appelé à poursuivre les actions, notamment par des blocages de lycées et universités mardi et jeudi. Une journée de grève est prévue jeudi prochain, et les gilets jaunes ont appelé à un « six-seven » populaire les 6 et 7 novembre. Ce mouvement, né en septembre dans les lycées, s’est propagé en Europe, où des manifestations ont également eu lieu en Allemagne et en Italie.