Italie : un budget de 26 milliards d’euros axé sur le soutien aux ménages et le renforcement des prélèvements sectoriels
Le gouvernement italien, dirigé par Giorgia Meloni, a validé mercredi 28 octobre 2026 un projet de budget de 26 milliards d’euros pour l’année 2027. Ce plan vise à alléger la charge fiscale pour certains foyers tout en maintenant un niveau de dépenses publiques conséquent, ce qui implique une contribution accrue du secteur bancaire, des assurances et de l’énergie. Le texte sera désormais soumis à l’examen du Parlement.
Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par l’approche des élections législatives italiennes prévues en 2027. Les ministres italiens estiment que le déficit public atteindra 3,4 % du produit intérieur brut en 2027, contre 2,9 % prévu pour 2026, selon des sources citées par Reuters.
Pour financer ces mesures, Rome prévoit de prélever plus de 5 milliards d’euros auprès du secteur financier, notamment en augmentant l’impôt sur les sociétés applicable aux banques et aux compagnies d’assurance, ainsi qu’en instaurant une fiscalité plus importante sur les transactions financières. Le secteur de l’énergie devrait également contribuer à hauteur de 700 millions d’euros, et le secteur des jeux contribuera également. L’agence ANSA rapporte que le gouvernement prévoit des économies d’environ un milliard d’euros au sein des différents ministères. Ces chiffres représentent des objectifs de financement et non des recettes déjà encaissées.
Concernant l’impôt sur le revenu, le gouvernement propose d’étendre la tranche d’imposition à 33 % jusqu’à un revenu annuel de 55 000 euros, contre 50 000 euros actuellement. Cette modification pourrait représenter un avantage maximal d’environ 500 euros par an pour les contribuables concernés, selon les estimations de Giorgia Meloni. De plus, le seuil de revenu permettant aux travailleurs indépendants de bénéficier d’un régime forfaitaire à 15 % serait relevé de 85 000 à 100 000 euros. Le projet inclut également des ressources supplémentaires pour le système de santé.
Le budget italien suscite l’attention au sein de la zone euro, le déficit projeté de 3,4 % en 2027 dépassant le seuil de référence européen de 3 % du PIB. Rome prévoit d’utiliser une clause dérogatoire nationale européenne, permettant des dépenses supplémentaires, notamment pour la défense et certains investissements. Le ministre italien de l’Économie, Giancarlo Giorgetti, a précisé que cette marge serait également utilisée pour moderniser les systèmes de chauffage et de climatisation des établissements scolaires, universitaires, hospitaliers et sportifs. La croissance du PIB est estimée à 0,6 % pour 2027, un environnement économique qui pourrait impacter les recettes fiscales.
Ce budget italien illustre une approche budgétaire différente de celle que pourrait adopter la France, alors que Paris prépare également son budget pour 2027. Les mesures italiennes n’affectent pas directement la fiscalité française, mais mettent en lumière les choix budgétaires qui s’imposent au sein de la zone euro. Le projet de loi a été approuvé par le Conseil des ministres et sera désormais examiné par le Parlement, qui pourra apporter des modifications avant son adoption finale.