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Économie

Inflation persistante et croissance ralentie : la France confrontée aux tensions géopolitiques

Les manifestations liées à l’augmentation du coût de la vie, observées en France et dans toute l’Europe, mettent en lumière l’impact négatif de l’inflation sur le pouvoir d’achat, particulièrement pour les foyers à faibles revenus.

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Illustration Fil Clair.

La hausse des prix de l’énergie se répercute désormais sur l’ensemble des secteurs, de l’essence aux produits de consommation courante.

Selon l’Insee, l’inflation a atteint 3,1 % en octobre 2026, son niveau le plus élevé depuis trois ans. L’inflation sous-jacente, excluant l’énergie, s’élève à 1,5 %, suggérant une possible propagation des tensions énergétiques.

Cette situation est partagée au sein de la zone euro, compte tenu de la dépendance de l’Europe aux importations, non seulement en matière de pétrole, mais aussi de produits transformés et de transport.

La vulnérabilité de l’Europe face aux crises géopolitiques est exacerbée par sa dépendance aux énergies fossiles importées. En réponse à l’offensive américaine de février 2026, l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz. Par la suite, les Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont instauré un blocus naval partiel du détroit de Bab el-Mandeb, restreignant l’accès maritime à la péninsule Arabique.

Le prix du brut a atteint en moyenne 125 dollars durant les trois premières semaines d’octobre, après avoir brièvement dépassé les 130 dollars le 8 octobre, soit une augmentation de 75 % par rapport au niveau précédant le début du conflit. Les marchés anticipent un retour progressif vers 100 dollars d’ici la fin de 2026.

Des alternatives d’exportation, telles que l’oléoduc saoudien Est-Ouest, l’oléoduc émirati débouchant à Fujaïrah, et le transport terrestre au-delà d’Ormuz, ont temporairement atténué les tensions. Cependant, la situation s’est à nouveau détériorée avec des attaques contre des pétroliers saoudiens en juillet et des villes du sud de l’Arabie saoudite en septembre, sur fond de combats accrus au Yémen. Les installations d’Aramco et l’aéroport de Riyad ont été pris pour cible, ce dernier étant attaqué à vingt reprises durant la première quinzaine d’octobre.

L’activation d’un accord de défense saoudien avec la Turquie et le Pakistan, pays doté de l’arme nucléaire, alimente les craintes d’un conflit prolongé. Même si les attaques visent officiellement uniquement les navires commerciaux liés à l’Arabie saoudite, le détroit de Bab el-Mandeb, passage vers la mer Rouge et le canal de Suez, est devenu impraticable.

Ce blocage complique également l’acheminement du pétrole exporté depuis Yanbu, point final de l’oléoduc saoudien Est-Ouest, vers l’Asie. Les primes d’assurance pour le transport pétrolier dans la région ont quadruplé. Le détour par le Cap de Bonne-Espérance peut ajouter deux semaines de navigation, augmentant les coûts de fret et immobilisant davantage de navires. Les porte-conteneurs sont également affectés, ce qui se traduit par une hausse des prix des marchandises entre l’Asie et l’Europe.

Selon les simulations de l’Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), le blocage d’Ormuz coûterait 0,4 % du PIB français, tandis que celui de Bab el-Mandeb porterait la perte à 0,5 %. Ces estimations confirment la révision des prévisions du Fonds monétaire international (FMI) publiée le 13 octobre à Bangkok.

Les marchés espéraient une pause dans la hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), fixée à 2,5 %, après le resserrement monétaire du 10 septembre, alors que les tensions sur la dette souveraine française exercent déjà une pression sur les taux. Cette pause a été confirmée par la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui a également annoncé son départ pour février 2027.