Thierry Breton alerte sur les finances publiques françaises et plaide pour une règle d’or constitutionnelle
Alors que la France fait l’objet d’un examen minutieux par les marchés financiers en raison de son déficit public de 5,4 % et d’une dette atteignant 3 600 milliards d’euros, les discussions sur le Projet de loi de finances pour 2027 se poursuivent au Parlement.
Invité sur TF1 ce mercredi 4 novembre, Thierry Breton a exprimé son inquiétude concernant la situation budgétaire du pays. Il a interrogé : « Vous croyez qu’on aura un budget d’ici la fin de l’année ? ». Il a mis en garde : « Si on n’a pas de budget, les marchés financiers qui regardent cette indiscipline française, parce que c’est de ça dont il s’agit, vont mettre une prime de risque sur la France. Et cette prime de risque veut dire des taux d’intérêt beaucoup plus élevés ».
L’ancien commissaire européen a critiqué l’incapacité des acteurs politiques français à parvenir à un accord budgétaire. « On est aujourd’hui le pays d’Europe qui a la plus haute prime de risque, pratiquement à 5 % », a-t-il souligné. Il a ajouté : « Par rapport à quoi ? À notre incurie à se mettre d’accord pour avoir un budget. On souffre d’une indiscipline chronique et c’est la raison pour laquelle l’indiscipline budgétaire se traduit ensuite partout, à tous les étages de l’État ».
Pour remédier à cette situation, Thierry Breton propose l’intégration d’une règle d’or dans la Constitution. Cette règle, définie comme un ensemble de normes contraignantes, viserait à garantir l’équilibre des comptes publics. « C’est une trajectoire en 2032 pour reprendre notre destin en main, mais de façon constitutionnelle, pour donner le signal à nous d’abord », a-t-il déclaré.
L’Allemagne a déjà adopté une approche similaire en 2009, intégrant ce principe dans la Loi fondamentale (articles 110 et 115). Cette loi allemande limite l’endettement pour financer les dépenses courantes, incitant l’État fédéral et les régions à rechercher l’équilibre budgétaire.