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Sciences

Découverte exceptionnelle : une nécropole de bébés unique au monde mise au jour dans l’Yonne

Des archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont révélé une découverte archéologique hors du commun lors de fouilles menées en 2024, place du Maréchal-Leclerc à Auxerre. Au milieu d’un site occupé depuis le Ier siècle, ils ont identifié une nécropole du Haut-Empire dédiée aux tout-petits, s’étendant sur 45 mètres carrés.

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Illustration Fil Clair.

Les études, désormais terminées, mettent en lumière un ensemble funéraire exceptionnel : plus de 260 sépultures de nourrissons et jeunes enfants. Cette nécropole, unique dans le monde romain, a été utilisée entre 170 et 250 après J.-C. Sa densité de tombes est remarquable, avec jusqu’à six niveaux superposés dans certaines zones, témoignant d’une implication familiale importante dans la préparation des sépultures, parfois très élaborée. La variété des types de tombes est également frappante.

La particularité la plus marquante réside dans la population quasi-exclusivement composée de tout-petits, décédés à la naissance ou peu après. Quelques individus, dont une femme enceinte, ont été retrouvés, mais leur état sanitaire était précaire. Les corps étaient souvent placés dans des tuiles canal, des cercueils ou même des céramiques, une pratique appelée enchytrisme. Ces découvertes offrent des perspectives d’étude précieuses pour mieux comprendre la population, les rites funéraires et l’état de santé de ces enfants.

L’Inrap collabore étroitement avec le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) pour analyser les découvertes. Les analyses chimiques suggèrent l’utilisation d’eaux parfumées ou d’huiles pour nettoyer les corps, et la présence probable de fleurs.

Les chercheurs explorent diverses hypothèses, notamment celle selon laquelle certaines céramiques auraient recueilli des placentas ou des résidus liés aux accouchements. Des analyses d’ADN humain sont en cours, menées par la plateforme de Paléogénomique et génétique moléculaire du MNHN, afin de mieux comprendre la santé des nouveau-nés et les complications périnatales à l’époque romaine.