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Économie

Fitch alerte : la dette française sous surveillance renforcée

La France espérait éviter une évaluation des agences de notation pendant un mois, après la mise à jour de sa note par Moody’s la semaine dernière et en attendant celle de S&P le 27 novembre.

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Illustration Fil Clair.

Ce calendrier a été perturbé par la publication, vendredi, d’une revue de la notation de la dette française par Fitch Ratings, en dehors de tout calendrier prévu.

Fitch explique qu’elle agit ainsi « dans les situations où il y a un changement significatif de la solvabilité de l’émetteur », afin d’avertir la France.

Bien que Fitch maintienne sa note à A+, correspondant à une dette de qualité moyenne supérieure, elle a abaissé sa perspective de stable à négative, signalant un risque de dégradation future.

Dans un communiqué, l’agence cite « une croissance plus faible, une nouvelle détérioration budgétaire et des rendements plus élevés », et révise à la hausse son estimation du ratio dette/PIB à 124 % en 2028, contre 122,7 % dans son dernier avis.

« La fragmentation politique persistante et un contexte social difficile accroissent la complexité de la mise en œuvre d’une consolidation budgétaire soutenue », ajoute Fitch, alors qu’une nouvelle journée de mobilisation sociale est prévue ce samedi 31 octobre, et que le projet de loi de finances 2027 est en cours de débats au Parlement.

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a réagi en affirmant : « Cette appréciation confirme l’absolue nécessité d’adopter d’ici la fin de l’année un budget responsable, qui vise à rétablir les comptes publics en réduisant notre déficit à 5 % », assurant que « le gouvernement est déterminé à poursuivre sur une trajectoire de consolidation budgétaire ».

L’agence Standard & Poor’s, qui doit publier sa mise à jour le 27 novembre, attribue pour l’instant la même note que Fitch (A+), mais avec une perspective stable.

La semaine dernière, les économistes s’attendaient à ce que Moody’s pénalise la dette française d’une note équivalente à celles de S&P et Fitch.

Cependant, Moody’s a maintenu sa note à l’échelon supérieur, « Aa3 avec perspective négative », soit « bonne » mais avec un risque de dégradation.

Moody’s justifie cette décision en évoquant « l’hypothèse qu’un budget 2027 réduisant le déficit public sera adopté » et en espérant que « les tensions sociales se modéreront quelque peu dans les prochains mois ».

Outre les trois agences de notation les plus connues, l’Agence France Trésor en recense cinq autres.

R & I et JCR attribuent toutes deux AAA avec une perspective négative. DBRS assortit aussi sa note AA d’une perspective négative, tandis que Scope s’est fixé à A + avec perspective stable. Enfin, l’évaluation de KBRA, actuellement fixée à AA- avec perspective stable, sera mise à jour le 11 décembre, deux semaines après celle de S&P, qui sera particulièrement scrutée.