Une initiative de réparation à Evanston, Illinois, contestée devant les tribunaux avec le soutien de l’administration Trump
La ville d’Evanston, située près de Chicago, a mis en place en 2021 un programme novateur de « réparations » destiné aux résidents noirs et à leurs descendants, victimes de discriminations en matière de logement entre 1919 et 1969.
Ce programme, le premier du genre aux États-Unis, prévoit une aide financière pouvant atteindre 25 000 dollars par personne, afin de compenser les pratiques discriminatoires telles que des taux d’intérêt excessifs ou l’exclusion de certains quartiers résidentiels.
Le financement de cette initiative repose sur une taxe sur la vente de cannabis, légal dans l’Illinois. À ce jour, plus de 6 millions de dollars ont été distribués à environ 300 habitants, l’argent devant être investi dans l’amélioration du logement ou le remboursement de prêts immobiliers.
L’administration Trump, entrée en fonction en mai 2024, a décidé de se joindre à une action en justice intentée par l’organisation conservatrice Judicial Watch, au nom de six plaignants. Judicial Watch argue que le programme d’Evanston viole le 14e amendement de la Constitution en accordant une aide financière basée uniquement sur la couleur de peau, sans justification de discriminations antérieures.
Cette action s’inscrit dans une politique plus large de l’administration Trump, qui s’est opposée aux politiques de discrimination positive et de diversité, équité et inclusion. Un tribunal a récemment autorisé l’administration à participer aux poursuites.
Robin Rue Simmons, élue locale d’Evanston, a dénoncé cette intervention comme une tentative d’intimidation visant à dissuader d’autres communautés de mettre en œuvre des programmes similaires. Un professeur de l’université Northwestern a qualifié cette affaire de « l’affaire de droits civiques la plus importante du moment », soulignant l’incohérence de demander des réparations aux Blancs alors que ce sont eux qui ont historiquement exercé la discrimination.