Les démocrates remportent un contrôle historique du Congrès, un défi pour l’avenir
Les démocrates ont célébré une victoire significative, s’emparant des deux chambres du Congrès américain, un exploit inédit depuis 2006 sous l’administration de George Bush. Cette défaite marque un tournant pour les républicains.
Donald Trump a félicité les démocrates, sans pour autant remettre en question sa propre politique. Selon Stéphanie Quintao, les promesses non tenues et les actions du président ont influencé le vote des électeurs. « Je crois que les Américains ont vu que Donald Trump a fait tout le contraire [de ce qu’il avait promis]. »
Une crise du coût de la vie pèse lourdement sur les États-Unis, affectant le prix du pétrole, des loyers et l’accessibilité au logement. La promesse de « plus de nouvelles guerres » n’a pas non plus été tenue, le pays s’étant engagé dans plusieurs conflits.
Des États traditionnellement conservateurs, comme le Texas, le Kansas et la Caroline du Sud, ont basculé, démontrant un changement significatif dans les préférences électorales. « Au Kansas, la dernière fois qu’un démocrate était envoyé au Sénat, c’était en 1932, » a souligné Stéphanie Quintao.
La qualité des candidats démocrates a été un facteur déterminant dans ce succès. Parmi eux, Abdul el-Sayed, proche de Bernie Sanders, est devenu le premier sénateur musulman des États-Unis, élu dans le Michigan.
La vice-présidente des Democrats Abroad Belgium considère cette victoire comme une opportunité pour le parti progressiste de prouver sa valeur et de préparer la prochaine élection présidentielle. « Nous avons maintenant deux ans pour prouver au peuple américain qu’il a fait le bon choix et essayer de les convaincre de voter pour un président démocrate. »
Bertrand Henne, éditorialiste politique de la RTBF, souligne le défi stratégique que cette victoire pose aux démocrates, qui devront trouver un équilibre délicat entre opposition et collaboration avec l’administration Trump. « Est-ce qu’ils collaborent avec Donald Trump pour faire passer des lois ? Mais alors, ça veut dire qu’ils font aussi un peu réussir Donald Trump. S’ils décident d’être dans un blocage, ils n’auront rien non plus dans leur escarcelle et on risque de les pointer comme fauteurs de troubles et fauteurs du blocage ».