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Société

Le mouvement lycéen revendique des victoires, mais jusqu’où peut-il aller ?

À l’occasion de la rentrée scolaire du 2 novembre, François Ruffin a salué l’engagement des élèves mobilisés depuis un mois pour la fin de Parcoursup et l’amélioration des infrastructures scolaires.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Il a affirmé que le mouvement actuel est en train de remporter des acquis, soulignant la limitation des classes à 28 élèves, l’abandon de Parcoursup et l’absence de suppressions de postes dans l’enseignement secondaire. Selon Ruffin, il s’agit de la première victoire d’un mouvement de jeunesse depuis deux décennies.

Le gouvernement a publiquement pris des engagements, notamment en limitant la taille des classes de seconde à 28 élèves à partir de 2027, en créant 500 postes de professeurs et en remplaçant Parcoursup par un nouveau système d’admission d’ici 2028. Ces promesses devront désormais être mises en œuvre et survivre à l’élection présidentielle de mai 2027.

Tristan Guerra, chercheur associé au laboratoire Destin commun, nuance la notion de « victoire » pour un mouvement social, soulignant qu’elle peut aller de la simple reconnaissance en tant qu’interlocuteur à des changements de politiques publiques, voire à des conséquences politiques majeures.

Si l’on considère la fin annoncée de Parcoursup comme une victoire, il est vrai que la dernière mobilisation comparable remonte à 2006, lorsque des milliers d’étudiants avaient protesté contre le Contrat Première Embauche (CPE). Ce contrat, visant à simplifier l’embauche des jeunes, avait été abandonné après des semaines de manifestations et d’une annonce de Jacques Chirac.

Depuis, les formes de mobilisation étudiante ont évolué, comme l’a souligné le juriste Robi Morder, en raison de la décentralisation des réformes et de l’autonomie accrue des universités. Si certains mouvements ont obtenu des avancées, aucun n’a conduit à l’abandon d’un projet de loi aussi significatif que le CPE.

Des mobilisations contre la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) en 2007 et contre la réforme des retraites en 2010 n’ont pas abouti à l’abandon des lois concernées. De même, le mouvement né face à la loi ORE, à l’origine de Parcoursup, n’a pas empêché la mise en place de la plateforme. La frustration des lycéens, longtemps ignorée, s’est cristallisée autour de Parcoursup.