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Société

L’immigration francophone au Canada : une cible dépassée, mais des défis persistent

Le Canada a accueilli 29 650 nouveaux résidents permanents francophones en dehors du Québec en 2025, représentant 8,9 % de l’ensemble des admissions provinciales et territoriales. Ce chiffre, révélé dans le Rapport annuel au Parlement sur l’immigration 2026 publié par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, marque la quatrième année consécutive où l’objectif fixé est atteint ou dépassé.

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Illustration Fil Clair.

Selon Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), ce résultat est une étape importante. Il y a seulement quatre ans, l’atteinte de la cible initiale de 4,4 % posait problème. Aujourd’hui, non seulement la cible est respectée, mais elle est systématiquement dépassée.

L’avenir de l’immigration francophone se concentre désormais sur l’objectif d’atteindre 12 % d’ici 2029. Pour y parvenir, Mme Roy souligne la nécessité de mieux répartir les nouveaux arrivants francophones, qui se concentrent principalement à Ottawa et à Toronto, accueillant ensemble environ 70 % de ces immigrants hors Québec. Elle propose la création d’un programme économique ciblé pour les communautés francophones, afin d’encourager leur installation dans des régions moins peuplées.

Le système Entrée express, bien qu’efficace, présente des limites pour cibler des régions spécifiques. Selon Mme Roy, neuf provinces et trois territoires sont prêts à accueillir davantage de nouveaux arrivants, à condition que les infrastructures nécessaires soient en place : logement, emploi, éducation et services en français. Une planification proactive est essentielle.

Parallèlement, un nouveau plan fédéral prévoit une voie d’accès pour environ 200 000 admissions, destinée aux personnes déjà établies au Canada. L’avocat spécialisé en droit de l’immigration, Cédric Marin, considère cette mesure comme une réponse au problème des résidents temporaires qui rencontrent des difficultés à obtenir la résidence permanente. Il précise que cette initiative vise principalement à accélérer le traitement des demandes déjà déposées, plutôt qu’à augmenter le nombre de places pour les candidats étrangers. Le Manitoba pourrait particulièrement bénéficier de cette mesure, le Programme des candidats du Manitoba étant une voie d’accès importante à la résidence permanente.

Cependant, cette nouvelle politique ne s’applique pas à tous les types d’immigrants : les demandeurs d’asile et les étudiants étrangers sont exclus. Mme Roy insiste sur le fait que le succès de cette politique ne se mesurera pas uniquement par des chiffres, mais par la capacité des communautés d’accueil à intégrer durablement ces nouveaux arrivants, soulignant que ce sont des familles et des individus qui ont entrepris un nouveau chapitre de leur vie.