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Santé

Nouvelle menace aux urgences : l’impact grandissant de la médétomidine

La médétomidine, un sédatif synthétique habituellement utilisé en médecine vétérinaire, suscite de vives inquiétudes au Canada. Initialement détectée en 2023 au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario, cette substance s’est depuis propagée à toutes les provinces et au Yukon, selon le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS). Elle est suspectée de potentialiser les effets du fentanyl, ce qui complexifie considérablement la prise en charge des patients.

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Illustration Fil Clair.

Des médecins de Philadelphie, où la médétomidine est de plus en plus présente, ont récemment signalé un nouveau syndrome de sevrage caractérisé par une accélération cardiaque, des vomissements, une hypertension artérielle, un délire agité et, dans certains cas, des lésions organiques. Les urgentologues canadiens font également état de difficultés croissantes à gérer ce type de sevrage. « Cela a en quelque sorte bouleversé nos stratégies de prise en charge de ces patients, » explique le Dr Monty Ghosh, spécialiste des dépendances et chercheur à Calgary.

L’association de la médétomidine et des opioïdes peut entraîner des difficultés respiratoires, une somnolence accrue, une pression artérielle basse et une fréquence cardiaque réduite, des symptômes qui persistent longtemps et peuvent compromettre le flux sanguin vers les organes vitaux. Le programme Substance Use Philly recommande de se concentrer sur la respiration du patient plutôt que sur son niveau de réactivité lors d’une surdose impliquant de la médétomidine, car la naloxone, utilisée pour contrer les effets du fentanyl, s’avère inefficace.

Les professionnels de santé soulignent la nécessité d’hospitaliser ou de recourir à des soins intensifs pour les patients en sevrage, afin de surveiller leur respiration et leur état de conscience. « Les patients nécessitent plus de temps passé avec du personnel infirmier et des médecins et plus de temps à l’hôpital, » affirme le Dr Sahil Gupta, médecin à Toronto. Dans les cas les plus graves, une assistance respiratoire peut être nécessaire.

La surcharge des ressources hospitalières due à ces cas complexes entraîne une augmentation des temps d’attente et une surpopulation. Selon le Dr Gupta, il est crucial d’aborder les facteurs socio-économiques liés à la dépendance pour obtenir des progrès significatifs.

À Edmonton, le programme Bridge Healing vise à réduire la pression sur les urgences en offrant un hébergement et des soins aux personnes sans-abri. Le Dr Louis Francescutti, urgentologue, explique que ce programme permet d’identifier et d’aider les personnes ayant besoin d’un soutien.

La fermeture de nombreux sites de consommation supervisée en Ontario suscite des critiques, certains professionnels soulignant leur rôle dans l’évaluation et l’intervention en cas de surdose. Le Dr Raghu Venugopal, urgentologue à Toronto, insiste sur la nécessité de lieux sûrs pour la consommation de drogues afin d’améliorer la sécurité publique et le fonctionnement des services d’urgence. Un rapport récent suggère que cette fermeture retarde la prise en charge d’autres urgences vitales.

Le gouvernement de l’Ontario justifie ses actions par des investissements accrus dans les services de santé mentale et de soutien, affirmant qu’il aide les personnes à briser le cycle de la toxicomanie. Amina Zafar de CBC a contribué à ce reportage.