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Santé

Crise des médicaments en Suisse : les réserves obligatoires, une solution temporaire ?

La Suisse est confrontée à une recrudescence des ruptures de stock de médicaments essentiels depuis plusieurs années, touchant particulièrement les produits génériques et les traitements pour maladies chroniques comme l’épilepsie ou la maladie de Parkinson, ainsi que les médicaments pédiatriques. Ces pénuries rendent difficile le remplacement de certains traitements indispensables.

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Illustration Fil Clair.

Pour pallier ce manque, la Confédération a mis en place un système de réserves obligatoires. Des millions de boîtes de médicaments sont stockées dans des entrepôts, prêtes à être distribuées aux pharmacies et aux hôpitaux. Les stocks les plus importants peuvent être mobilisés rapidement en cas de menace de rupture.

« Pour un antibiotique, par exemple, un produit courant dans les réserves obligatoires, sur 10'000 boîtes disponibles, 3000 sont immobilisées pour cette réserve », a déclaré Bernhard Megert, directeur d’Alloga AG, lors du journal télévisé de la RTS.

Le recours à ces réserves s’est considérablement intensifié, avec une fréquence d’environ deux à trois fois par semaine. En 2016, la Confédération a autorisé 17 prélèvements dans les stocks, contre 127 en 2025. Cette augmentation est due à plusieurs facteurs, notamment la délocalisation de la production de médicaments à faibles marges vers l’Asie.

« Ce sont souvent des médicaments dont le brevet est expiré et qui ont des marges très faibles. Ils sont donc désormais produits en Asie et plus chez nous », explique Roland Pfister, de l’Office fédéral de l’approvisionnement économique (AEP). « S’il y a des perturbations dans les circuits d’approvisionnements mondiaux, notre réserve peut aider. »

Afin d’améliorer la situation, la Confédération envisage de simplifier les procédures en autorisant l’importation de médicaments homologués en Suisse et dans l’Union européenne, en remplaçant les notices d’emballage spécifiques par un code QR. « Cela nous aiderait. On pourrait importer plus facilement des médicaments d’Allemagne, de France et d’Italie et surmonter les difficultés d’approvisionnement », a affirmé Peter Huber, président d’Helvecura, l’organisation gérant les réserves obligatoires.

L’industrie pharmaceutique et Helvecura ont récemment plaidé pour une réforme du financement de ces réserves, car les coûts de stockage ne peuvent pas être répercutés sur les prix réglementés des médicaments. Elles demandent également une distinction claire entre les réserves pour les pénuries ordinaires et le stockage pour les situations de pandémie, financées séparément par la Confédération.

L’entreprise souligne la nécessité d’un suivi plus précis des disponibilités, de chaînes d’approvisionnement plus robustes et d’une diversification de la production de principes actifs pour l’avenir.