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Santé

Commerce illégal de médicaments amaigrissants : un danger croissant pour la santé publique

Dans les réfrigérateurs des pharmacies, notamment à Meudon (Hauts-de-Seine), les produits coupe-faim sont de plus en plus nombreux. Alexis Freixinos, pharmacien, témoigne de l’augmentation significative des ventes, un phénomène qui alimente un marché noir florissant.

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Illustration Fil Clair.

Les injections de Wegovy, initialement destinées aux personnes souffrant d’obésité et nécessitant une prescription médicale, ont vu leurs ventes augmenter de 75 % depuis leur prise en charge par l’Assurance-maladie il y a quatre mois. Ce médicament, dont le prix varie entre 160 et 300 euros, est souvent détourné de son usage initial.

Le pharmacien souligne que de nombreuses ordonnances sont suspectes, voire contrefaites, permettant à certains d’acquérir le médicament pour le revendre illégalement à des prix exorbitants. Plus de 600 000 boîtes ont été distribuées en France en seulement quatre mois.

Des sites web clandestins, majoritairement basés à l’étranger, proposent ces médicaments sans prescription, incitant les utilisateurs à falsifier des questionnaires médicaux pour y accéder. Christelle, une jeune femme ayant acquis illégalement un coupe-faim, décrit le produit comme une « ratatouille », un surnom utilisé pour échapper au contrôle des autorités. Cette molécule expérimentale, interdite en France, provoque une sensation intense de satiété, simulant un repas copieux.

Christelle, qui n’a pas consulté son médecin avant de commencer ce traitement, craint les effets secondaires et admet que dans son groupe d’acheteurs en ligne, plusieurs personnes ont déjà été hospitalisées en raison de problèmes cardiaques. Des risques de problèmes cardiaques et d’AVC sont également associés à cette automédication.

Le docteur Laurent Fogel, médecin généraliste à Paris, met en garde contre les dangers de l’automédication, soulignant les risques d’effets secondaires tels que la diarrhée, la constipation, les nausées, le vomissement et même la pancréatite aiguë. Il insiste sur le fait que l’on ne sait jamais avec certitude ce que l’on s’administre.

Les douaniers intensifient leurs contrôles dans les centres de tri, à la recherche de colis suspects. Ils se concentrent sur l’expéditeur et la taille des emballages, souvent dissimulant de petites quantités de médicaments. Les produits saisis sont analysés dans un laboratoire parisien pour vérifier leur composition, révélant parfois des contrefaçons ou l’absence de principe actif.

Les autorités sanitaires surveillent de près ce trafic, qui représente une préoccupation majeure de santé publique. Un analyste de l’Observatoire du médicament révèle que les coupe-faims figurent parmi les produits les plus fréquemment saisis, soulignant que 90 % des achats en ligne correspondent à des produits issus de trafic illégal ou à de fausses médications. Le commerce illégal de ces substances est passible de lourdes sanctions, pouvant aller jusqu’à 375 000 euros d’amende et 5 ans de prison.