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Santé

Mois sans tabac : Comment vaincre la dépendance au tabac, selon des professionnels de Cherbourg

Selon des études, 57 % des fumeurs souhaitent arrêter, mais le processus est souvent complexe. Au-delà de la simple volonté, le tabac s’intègre dans de nombreux aspects de la vie quotidienne, du café du matin aux pauses au travail.

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Illustration Fil Clair.

Au Centre hospitalier public du Cotentin (CHPC), Emmanuelle Carretey, infirmière en tabacologie, et Julien Bontemps, psychologue en cardiologie, offrent un accompagnement sans jugement aux personnes souhaitant se libérer de cette dépendance. À l’occasion du Mois sans tabac, une initiative nationale soutenue par Santé publique France, le Ministère des Solidarités et de la Santé et l’Assurance Maladie, ils rappellent l’existence de solutions adaptées à chaque rythme.

« Il n’y a personne pour qui on ne peut rien faire », affirme Emmanuelle Carretey. La motivation à arrêter ne vient pas naturellement, mais se construit. Julien Bontemps utilise l’entretien motivationnel pour aider les patients à identifier leurs propres raisons de changement, qui peuvent être liées à la santé, aux finances, au goût des aliments, ou à un simple désir d’indépendance.

L’accompagnement ne se limite pas à l’aspect médical. Il aborde également les craintes liées à la prise de poids, à l’irritabilité ou à la gestion du stress sans cigarette. « Ce n’est pas un défaut, ce n’est pas un mauvais comportement de fumer. C’est une maladie qui se soigne », souligne Emmanuelle Carretey.

Pour soulager les symptômes du sevrage, divers substituts nicotiniques, comme les patchs, gommes, pastilles et sprays, sont prescrits et pris en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles. Ces traitements peuvent être combinés pour répondre aux besoins spécifiques de chaque individu.

L’hôpital s’assure également que les patients hospitalisés, même pour des raisons non liées au tabagisme, bénéficient de ces substituts nicotiniques. Cette expérience peut être une première étape vers un arrêt définitif. L’établissement sensibilise également son personnel afin qu’il puisse mieux identifier les besoins des patients et les orienter.

Emmanuelle Carretey insiste sur l’importance de trouver de nouvelles activités pour remplacer la cigarette, comme la promenade, le sport ou la lecture. L’entourage joue également un rôle crucial, notamment en évitant de fumer en présence de la personne en sevrage. Une rechute ne doit pas être perçue comme un échec, mais comme une occasion d’apprendre et de réajuster sa stratégie. « On ne jette pas le vélo à la poubelle à la première gamelle : on remonte dessus », conclut Julien Bontemps.