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Politique

Malaisie : Tension entre la monarchie et le parquet suite à la libération de Najib Razak

Le sultan Ibrahim, roi de Malaisie, a exprimé samedi son inquiétude quant au possible non-respect d’un ordre royal par le procureur général, qui retarde la libération de l’ancien Premier ministre Najib Razak. Le souverain a insisté sur le caractère clair et sans ambiguïté de la grâce accordée.

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Illustration Fil Clair.

Najib Razak, 73 ans, est incarcéré depuis 2022 pour corruption, suite au scandale impliquant le fonds souverain 1Malaysia Development Berhad (1MDB). Ce fonds, aujourd’hui dissous, a fait l’objet d’investigations aux États-Unis, en Suisse et à Singapour. Des sommes considérables ont été détournées pour financer des dépenses personnelles.

Ce scandale a contribué à la défaite de Najib Razak et de son parti, l’Organisation nationale unifiée malaise (Umno), aux élections législatives de 2018, mettant fin à des décennies de pouvoir depuis l’indépendance de la Malaisie en 1957.

En septembre, le sultan Ibrahim a accordé une grâce conditionnelle à l’ancien Premier ministre, lui permettant de purger le reste de sa peine à domicile après le paiement d’une amende de 12 millions de dollars. Cette amende a été réglée vendredi, selon le parti de M. Razak, ouvrant la voie à sa libération.

Cependant, le procureur général a bloqué cette libération, invoquant la nécessité de précisions sur la portée de la grâce. Le roi a réfuté ces demandes, affirmant qu’il n’y avait « aucune ambiguïté ».

Najib Razak a également été condamné à 15 ans de prison dans une autre affaire pour abus de pouvoir et blanchiment d’argent, une peine qui doit être exécutée après celle de six ans. Un appel est en cours.

Les avocats de Najib Razak ont salué la position du roi, estimant qu’il n’y avait « aucun fondement » pour le maintenir en détention. Ils ont exigé son transfert immédiat à son domicile.

Le bureau du procureur général a défendu sa position, affirmant qu’il agissait pour éviter tout conflit juridique et garantir l’exécution légale des peines. Il a annoncé une demande d’audience auprès du roi pour « solliciter son pardon » et s’assurer de sa conformité à l’ordre royal, tout en soulignant que des questions juridiques nécessitaient une clarification judiciaire.

Vendredi, Najib Razak a brièvement quitté la prison de Kajang avant d’y être reconduit, sous escorte de véhicules.